‹ PoésiesChapitre 15 sur 29 · I. Système de Ptolémée · texte numérisé non relu

I. Système de Ptolémée

Odes et Traductions.

De l'Olympe a changé les lois?

Au loin, dans l'étendue immense, Je contemple seul en silence La marche du grand univers; Et dans l'enceinte qu'il embrasse.

Mon œil surpris voit sur sa trace, Retourner les orbes divers ^.

Portés du couchant h l'aurore Par un mouvement éternel, Sur leur axe ils tournent encore Dans les vastes plaines du ciel.

Quelle intelligence secrète Règle en son cours chaque planète Par d'imperceptibles ressorts?

Le Soleil est-il le génie Qui fait avec tant d'harmonie Circuler les célestes corps?

Au milieu d'un vaste fluide, Que la main du dieu créateur Versa dans l'abîme du vide.

Cet astre unique est leur moteur.

Sur lui-même agité sans cesse.

Il emporte, il balance, il presse L'éther et les orbes errants; Sans cesse une force contraire, De cette ondoyante matière Vers lui repousse les torrents.

^. Système de Copernic.

114 Poésies de Malfilâtre.

Ainsi se forment les orbites Que tracent ces globes connus ; Ainsi, dans des bornes prescrites, Volent et Mercure et Vénus.

La Terre suit; Mars, moins rapide.

D'un air sombre, s'avance et guide Les pas tardifs de Jupiter ; Et son père, le vieux Saturne, Roule à peine son char nocturne Sur les bords glacés de l'éther.

Oui, notre sphère, épaisse masse, Demande au Soleil ses présents.

A travers sa dure surface Il darde ses feux bienfaisants.

Le jour voit les heures légères Présenter les deux hémisphères Tour à tour à ses doux rayons ; Et sur les signes inclinée, La Terre, promenant l'année, Produit des fleurs et des moissons.

Je te salue, âme du monde, Sacré Soleil, astre de feu, De tous les biens source féconde, Soleil, image de mon Dieu !

Aux globes qui, dans leur carrière, Rendent hommage à ta lumière.

Annonce Dieu par ta splendeur ; Règne à jamais sur ses ouvrages,

Odes et Traductions.

Triomphe, entretiens tous les âges De son éternelle grandeur.

ALLUSION

Du ciel auguste souveraine, C'est toi que je peins sous ces traits Le tourbillon qui nous entraîne, Vierge, ne t'ébranla jamais.

Enveloppés de vapeurs sombres.

Toujours errant parmi les ombres, Du jour nous cherchons la clarté.

Ton front seul, aurore nouvelle, Ton front sans nuage étincelle Des feux de la divinité.

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