‹ PoésiesChapitre 6 sur 15 · VOYAGEUSES · texte numérisé non relu

VOYAGEUSES

Le Vaste Monde (geibel)

I nous est revenu, l'arbuste a refleuri. Reste au logis qui veut, soucieux et marri. Comme un nuage aux cieux qui flotte et vagabonde. Ainsi court ma pensée au vaste, vaste monde.

Dieu vous garde, mon père, et vous, ma mire, aussi Qui sait où mon bonheur doit fleurir loin d'ici ? Il est tant de bons vins et tant de larges rues Que je n'ai pas goûtés, que je n'ai pas courues 1

84 Voyageuses

Debout donc, en avant! En plein soleil allons Par-dessus la montagne, à travers les vallons! Tout bruit, flots et bois, la cité, la campagne, Et de son chant d'oiseau mon cœur les accompagne.

Puis, le soir, dans la ville on arrive à pas lent, On s'assied : «Monsieur l'hôte, apportez du vin blanc! Viens çà, ménétrier, prends ton archet rebelle, Je dirai sur tes airs des chansons pour ma belle! »

Pas d'auberge? On s'en passe; en plein air on dort mieux. Les étoiles pour nous font sentinelle aux cieux, Le tilleul tremble au vent et nous berce à merveille, Puis, au jour, d'un baiser l'aube en feu nous réveille

Errer, errer toujours, plaisir libre et sans frais, Quand l'air des champs, des bois, s'épanche en nous si frai: Quand le cœur chante et vole au soleil qui l'inonde !... -Mon Dieu, qu'il est donc beau, le vaste, vaste monde !..

Lore - lé (heine)

JE suis devant ces rivages Si triste, et ne sais pourquoi C'est un conte des vieux âges Qui sans cesse est devant moi.

L'air est frais, voici la brume, Et le Rhin coule sans bruit; Le sommet du mont s'allume Au dernier raj-on qui fuit.

Là-haut la vierge qui règne Est assise sur le bord, Et Ton voit l'or de son peigne Luire dans ses cheveux d'or.

86 Voyag'eHses

En les peignant sur la rive, Elle chante un air fatal, Air étrange qui captive.

Qui vous fait plaisir et mal.

Dans l'esquif l'homme qui passe Par cet air sauvage est pris, Regarde en haut dans l'espace, Ne voit pas les rochers gris...

Je crois que sous l'eau méchante L'homme et la barque ont roulé.

Et voilà, quand elle chante, Ce que fait la Lore-lé.

DHÔte

T 'hôte chez qui je m'endormis ■*-' Était un galant liomme :

Sur une perclie il avait mis

Pour enseigne une pomme.

C'est le bon pommier dont l'abri M'accueillit à la brume :

D'un doux repas il m'a nourri Et d'une fraîche écume.

Dans son palais tout verdoyant.

Une foule emplumée, Sautant à l'aise et festoyant,

Chanta sous la ramée.

Voyafeîiscs

J'eus un bon lit, bien doux et vert,

Aussitôt qu'il fit sombre; Fraîchement l'Iiôte m'a couvert

Lui-même avec son ombre.

Au départ : c Que vous dois-je ? — Rien «,

Dit-il, branlant la tête.

Béni soit l'hôte qui si bien

iM'a fait accueil et fête!

Le Cerisier (hebel)

LE bon Dieu dit au Printemps vert :

a Au vermisseau mets son couvert.

Et le cerisier du jardin

De feuilles se couvrit soudain.

Et, s'éveillant, le petit ver

Sort de l^œuf, sa maison d'hiver,

Surpris, s'étire, et, curieux, Bâille en frottant ses petits yeux,

Et sa dent, tranquille d'abord, Aux feuilles tendres pique et mord,

go Voyageuses

Disant: « Mon Dieu. le bon repas!

On ne s'en de'tacherait pas. n

Mais le bon Dieu parla, disant:

« Pensons à l'abeille à présent! »

Et le cerisier du jardin

De blanches fleurs s'emplit soudain.

L'abeille au jour les voit là-bas, Y court bien vite et dit tout bas :

a Voilà mon café, grand merci, Et pour la porcelaine aussi!

« A la voir on se met en train. »

Elle y trempe sa langue un brin,

Boit et dit : « Que c'est doux, mon Dieu ! Le sucre ici doit coûter peu. »

Mais Dieu manda l'Été, disant:

« Au moineau pensons à présent! »

Le Cerisier

Et le cerisier du jardin

De mille fruits s'emplit soudain.

Et le moineau dit, tout ravi :

(i Qu'on est donc vite et bien servi!

a Ça vous met au corps la vigueur, Et pour chanter la joie au cœur! »

Dieu dit à l'Automne plus tard :

u Tous à ma table ont eu leur part,

« Levons le couvert! r> — Et voilà Que l'âpre vent du nord souffla,

Et le feuillage au vent du nord Est jauni, sécho, tombé, mort.

Dieu mande enfin l'Hiver, disant:

u Couvrons ce qui reste à présent! ,)

Adieu, cerisier rouge et vert !

La neige épaisse a tout couvert*

La Ronde de nuit

A MINUIT le tambour debout Sort de sa tombe, et jusqu'au bout D'un pied diligent fait sa ronde.

Un roulement lugubre gronde Sous ses bras décharnés, battant Dans l'ombre un rappel éclatant.

Et le tambour étrange passe, Et tous les vieux soldats tués Dans leur tombe en sont remués,

Et tous, qu'ils gisent sous la glace Du nord, sous le terrain poudreux Du midi trop ardent pour eux,

La Ronde de nuit

Dans les sables ou sur ]a rive

Du Nil fangeux, tous grands et beaux.

L'arme au bras sortent des tombeaux.

A minuit le trompette arrive A cheval, sonnc-^nt du clairon ; Il court, appelant l'escadron...

Et tout armés, sanglants, fantasques, Montés sur des chevaux sans corps, Accourent les cavaliers morts.

Les crânes grincent dans les casques, Et les os blancs des mains sans chair Brandissent des sabres dans l'air.

Enfin, de son tombeau qu'il brise Surgit l'homme qui les conduit:

Il vient lentement, à minuit :

Il a sa redingote grise, Son petit chapeau redouté Et sa courte épée au coté...

94 \'oya^euses

Il est là comme aux jours d'alarmes , Regardant défiler ses preux; La lune jaune luit sur eux,

Et les rangs présentent les armes; Les armes sonnent dans leurs bras.

L'armée ainsi défile au pas.

Maréchaux, généraux sans nombre, Font cercle autour de lui. Bientôt A l'un d'eux il murmure un mot...

Et loin, bien loin, courent dans l'ombre Ces mots d'ordre échangés tout bas...

C'est France et Sainte-Hélène^ hélas!

Et voilà la grande revue Où défilent sur l'autre bord De la tombe, à perte de vue,

Les morts devant l'empereur mort.

Légende

UN jour un chevalier, proscrit et solitaire, N'osant chercher l'abri qui s'offre à l'innocent, Errait par la tempête au pied d'un monastère.

\'ous eussiez dit, à voir l'orage grandissant Et le torrent de pluie entremêlé de foudre, Qu'un dieu pleurait encor des larmes et du sang.

Le chevalier criait : « Bientôt je serai poudre. La mer n'a plus assez de flots pour me laver, Le Ciel n'a plus assez de grâces pour m'absoudre.

ce II est plus impossible à Dieu de me sauver Qu'à mon bras de forcer l'abri du monastère Avec ce fer sanglant que nul ne peut braver...

96 V^oyag-euses

Comme il disait ces mots, de son lourd cimeterre

Le chevalier frappa la porte du saint lieu,

Et la porte à grand bruit s'écroula sur la terre...

Celui qui m'a conté celte histoire aimait Dieu.

Au Mont Cassi

VIEUX nid d'aigles et de héros, Château fort des saints et des sages Phare éclairant les matelots Sur l'océan brumeux des âges,

Rocher qu'ont battu de leurs flots Quatorze siècles pleins d'orages, Et, dans ton éternel repos, Seul debout parmi les naufrages 5

Humble asile où sans jeter bas Son épéeun roi n'entre pas, Foyer d'une famille élue,

Autel dressé dans le ciel bleu, Si loin de nous, si près de Dieu. .

O mont Cassin, je te salue!...

A Gênes

L'ÉGLISE où nous montions était TAnnonciade. Des duègnes marmottant des mots sacramentels, Des gueux en capuchon, d'âpres garçons d'hôtels, Guettaient les étrangers devant la colonnade.

Les gais musiciens du chœur aux Immortels Sur le mode allégro donnaient la sérénade; Dans la nef, des abbés faisaient leur promenade

En jetant des baisers aux saintes des autels.

Des murs peints, des ciels d'or, des marbres et des toile Puis les pâles beautés de Gêne, et sous leurs voiles Certains pétillements de prunelles en feu...

J'ai vu tout un bazar ou toute une mosquée Dans ce riche boudoir de madone musquée... Mais une chose y manque, une seule, — et c'est Dieu!

Clair de lune

LJn soir, sur la terrasse elle était accoudée, — ' Encoreunsoirdelune, — etdes plus hauts sommets Pleuvait jusqu'à la mer comme une blanche ondée... Mon Dieu! qu'elle était belle et combien je l'aimais !

Sur la cité d'argent, sur la blanche vallée

Et sur les monts neigeux ses yeux semblaient bondir,

Puis flottaient incertains sur la terre voilée

Du voile lumineux qui la fait resplendir...

Moi, je ne voyais qu'elle, — et toute la nature, Malgré la rayonnante immensité des cieux, M'apparaissait plus belle en cette créature Que dans le vaste monde ouvert devant mes yeux...

[ BIDLiOTHECA

VoyjgeusâS

Et ce beau soir d'été que j'admirais en elle

S'est prolongé pour moi malgré les mauvais jours,

Car elle en a gardé la splendeur éternelle...

Elle en est belle encore, et je l'aime toujours.

La Vaciie

ouLE, et gronde en roulant, pauvre vague insensée ! Brise-toi sur le roc, et retourne gémir!

Mon cœur était si calme en la saison passée Qu'il eût pu désarmer l'amour ou l'endormir.

-Mais je la vis là-bas qui paraissait m'attendre,

La vierge aux longs regards, au front limpide et frais.

Et semblait m'appeler d'un cri fatal et tendre, M'enivrant d'un espoir dont, troublé, je souffrais.

Pauvre vague insensée ! En courant à la grève, Tu ne vois pas l'écueil qui t'arrête, écumant.

Voyageuses

Hélas! je la voyais simple et douce en mon rêve, Et je ne croj'ais pas l'outrager en l'aimant...

Je lui dis : « Me voilà! » — Mais son âme glacée Se ferma sans m'entendre, cl sa main sans frémir.

Roule, et gronde en roulant, pauvre vague insensée!. Brise-toi sur le roc, et retourne gémir!

TA

XÂT

La Tempête

SEN'S-TU le vent du nord qui Joue avec les flots? La vague rebondit, refoulée en arrière, Et fait pâlir le front des plus vieux matelots.

Ils frissonnent, la lutte est déjà meurtrière ; Ils blasphèment, — le vent mugit plus furieux; Leur blasphème s'arrête et s'abat en prière.

Ils sont tous à genoux, ils ont baissé les yeux, Car on ne le voit plus sous le nuage sombre, Cet azur de pardon qui resplendit aux cieux.

Autour d'eux tout est noir, — et seul au sein de l'ombre L'éclair, ardent flambeau des tempêtes, l'éclair, Montre à leur épouvante un navire qui sombre,

I04 Voyageuses

Et la vague, en hurlant, rouvre son gouffre amer. A la voir qui se dresse à grand bruit et retombe, Vous diriez que les cieux s'abîment dans la mer.

L'eau roule en tournoyant et croule, immense trombe C'est la mort : entends-tu ces plaintes, ces sanglots Les plaintes, les sanglots, se sont tus : c'est la tombe

Non, c'est le vent du nord qui joue avec les flots.

AO

Au bord du Rhône

EN roulant dans le fleuve aux ondes cristallines, Le flot qui jeune encor descendait des collines Dit au flot déjà vieux qui venait de plus haut :

i( Quel est ce blanc sillon qui là-bas fend l'eau brune?» Le vieux lui répondit : « C'est un reflet de lune, Et nous allons tous deux le traverser bientôt. »

Quand ils l'eurent passé:» Que la lune est donc belle, Dit le plus jeune, et comme on devient beau par elle! Comme on reluit et comme on tremble à ses rayons!

Mais pourquoi nous fuit-elle en reculant si vite? n Le vieux dit : « Ce n'est pas elle qui nous évite, C'est nous qui ta laissons en arrière et fuyons.

io6 Voyag-euses

— Que je voudrais garder, fit le jeune, en mon ondf Un peu de cet éclat qui là-haut nous inonde! » Le vieux ne répondit qu'un clapotis moqueur.

Hélas! comme la nuit est plus triste et plus noire

Quand on a traversé le bonheur illusoire,

Le reflet qu'on ne peut emporter dans son cœur!

r^^Ts

L'Oiseau bleu

IL me semblait si fier, si doux, aigle et ramier! Gloire et bonheur, de lui j'attendais toute chose. Je le suivais partout, de l'érable au palmier; Je l'espérais toujours, de l'aube à la nuit close.

Et c'est ainsi que j'ai perdu mes plus beaux jours, A mon désir déçu fatalement fidèle.

Quand je croyais l'atteindre, il m'échappait toujours, Et s'enfuyait plus loin, plus haut, à tire-d'aile.

Un jour, quittant la plaine, en mon rêve inquiet, J'allai sur la montagne, — et quand je l'eus gravie, Toujours plus loin, toujours plus haut, il s'enfuyait., C'est ainsi que j'avais perdu toute ma vie.

io8 Voyjgenses

Je m'en revins alors des sommets hasardeux, Et, te voyant cachée, humble et douce, en la plaine. Je te dis : « N'ayant pu tout seul, veux-tu nous deu: Tâcher d'atteindre enfin l'oiseau bleu, Madeleine? »

Et tu vins confiante, et mon cœur s'allégea, Et nous allions partir unis comme deux ailes, Quand tout à coup, baissant mes yeux, je vis déjà Nos mains l'une dans l'autre et l'oiseau bleu sur elle

HELMWEH

HEIMWEH

Départ

POURQUOI voler toujours du mélèze au palmier? Et pourquoi le bon Dieu, lui qui pouvait tout faire, N'a-t-il pas réuni dans la même atmosphère L'aigle, le colibri, le cygne et le ramier?

Nous courons, nous fuyons, plus légers qu'une brise ; Nous devons malgré nous laisser sur chaque fleur Ln peu de notre souffle, un peu de notre cœur, Et ce cœur vagabond se disperse et se brise.

Heimiveh

La joie est un rayon qui brille et disparaît En nous laissant plus seuls dans notre nuit plus somb Et, comme après un corps on voit ramper une omb Derrière le bonheur s'allonge le regret.

A Genève

TRISTE vent du nord qui fauches la plaine Et cours, en grondant, les cieux gris et froid: Où vont, emportés par ton âpre haleine, La fleur des jardins et l'oiseau des bois?

Où vont les rameaux et les feuilles mortes? Ils courent ensemble au midi vermeil, Ils cherchent dans l'air où tu les emportes. Le grand chemin bleu qui mène au soleil.

Triste vent du nord, quand vient la froidure, Mon cœur est pareil au val épuisé, Aux bois sans chansons, aux prés sans verdure : Tu me l'as flétri, tu me Tas brisé.

Heimiveh

Quand les fleurs s'en vont et les hirondelles Qu'entraîne là-bas ton souffle vainqueur. Au pays natal emporte avec elles, Au pays natal emporte mon cœur !

A N api es

C'est un soir doux et pur qui ressemble au matin, .Me laissant deviner à l'horizon lointain Les frais citronniers de Sorrente. La lune a blanchi l'ombre, et les cieux et les mers Semblent deux yeux d'azur endormis et couverts D'une paupière transparente.

C'est un soir de prière et de recueillement,

Et le chant des clochers qui monte au firmament

Retombe en strophes grandioses; C'est un soir de printemps: le vent tiède et calmé M'apporte des jardins un murmure embaumé

Qu'il a pris aux lèrrcs des roses.

Ii6 Heiimveh

C'est un soir de folie, et parmi les marins Bruj-ante castagnette et bruyants tambourins

Claquent, roulent de grève en grève; Tout rit, tout brille, odore, aime et chante à la fois Hélas! hélas! je n'ai que des pleurs dans ma voix :

O ma Genève, ma Genève!!...

A Paris

IL est, sur la rive odorante Où fuit, revient, tourne et se perd Sous les coteaux le Neckar vert, Qui semble une prairie errante,

Certaine enseigne où vous lisiez :

« Brasserie au buisson de roses. »

On entre au milieu des rosiers, Les portes ncsont jamais closes.

Au bruyant appel du gourdin Dont la main du buveur avide Frappe à grands coups la table vide, Paraît une fille au jardin.

ii8 Heim)veh

On dit sveltes les Calabraises, Mais elle est plus alerte encor...

Puis quels cheveux! des grappes d'or; Quel visage! un bouquet de fraises.

Avec un long verre badois, Au premier bruit leste elle arrive; Comme une vague sur la rive La bière écume entre ses doigts.

Quand elle rit (pour qu'elle rie On n'a qu'à lui dire bonjour).

Tout s'éclaire en ce gai séjour, Toute la plage est refleurie.

En servant la jaune liqueur,

Son œil clair vous regarde en face;

Puis gaîment et de si bon cœur

Elle vous dit : « Grand bien vous fasse! »

Ah! comme j'irais tous les jours.

En ce lieu que j'aime à décrire.

Une heure ou deux écouter rire La belle enfant qui rit toujours!

A Berlin

OBerlix ! je t'ai parcourue, J^ai foulé tes pavés amis Par des temps où l'on n'aurait mis Pas même un poète à la rue ;

J'ai vu tes arbres peu feuillus A qui le sable donne à boire, Le m.usée où Dieu, pour ta gloire, Mit Kaulbach sur Cornélius;

J'ai mangé tes pommes de terre, Bu ta bière à défaut de vin, Contemplé le groupe divin Du grand Frédéric sans Voltaire;

Heimweh

J"ai compté les casques pointus

Que ton peuple, en tremblant, regarde;

J'ai salué tes corps de garde

Où régnent toutes les vertus.

En ce siècle de bacchanales Où dans la honte nous couchons, J'ai reconnu que tes bouchons Ont des coutumes virginales ;

J'ai fait ma sieste avec bonheur Dans tes concerts, où la musique Joue, habile en métaphysique, Hegel ou Kant en si mineur...

Et je comprends pourquoi tes hommes, Quittant leurs femmes, leurs petits, La bière blanche et les rôtis Que sucre la compote aux pommes,

Quittant leur métier de maris, Viennent parfois en bande armée Dans la boue et dans la fumée De l'enfer qu'on nomme Paris.

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