LES DEUX MÈRES
i^l 'approchez pas d'une mère affligée ,
Petit enfant , je ne sourirai plus.
Vos jeux naïfs , vos soins , sont superflus ,
Et ma douleur n'en sera pa&jchangée.
Laissez-moi seule à l'ennui de mon sort ; Quand la vie à vos yeux s'ouvre avec tous ses charmes , Enfant, plaindriez-vous mes larmes?
Vous ne comprenez pas la mort.
La mort ! ce mot , qui glace l'espérance , Ne touche pas votre heureuse ignorance.
Ici le malheureux cherche un autre avenir :
Hélas ! ne chantez pas lorsque j'y viens mourir.
De ces noirs arbrisseaux l'immobile feuillage , Des pieuses douleurs les simples monumens ,
D'un champ vaste , morne et sauvage , Sont les seuls ornemens.
L'écho de cette enceinte est une plainte amère. Qu'y venez-vous chercher ? Courez vers votre mère ; Portez-lui votre amour , vos baisers et vos fleurs ; Ces trésors sont pour elle , et pour moi sont les pleurs.
Sur l'autre rive elle s'est arrêtée»
io4 ÉLÉGIES.
Abandonnez vos fleurs au courant du ruisseau ;
Doucement entraîné par l'eau , Qu'un bouquet tous annonce à son âme enchantée. Vous la verrez sourire , en attirant des yeux Ce don simple apporté par le flot du rivage ; Et cherchant à fixer votre mobile image,
Tressaillir à vos cris joyeux.
Je l'aurais vue , au temps où j'excitais l'envie , «Même en vous caressant, rêver à mon bonheur. Cette suave joie , où se plongeait mon cœur , N'est plus qu'un poison lent distillé sur ma vie; Mon triomphe est passé , le sien- croit avec vous ; C'est à moi de rêver à son bonheur suprême ; Elle est mère , et je pleure. O sentiment jaloux ! On peut donc vous connaître au sein de la mort même ? Mais pour un cœur flétri les pleurs sont un bienfait ; Le mien a respiré du poids qui l'étouffait.
Celui de votre mère en tremblant vous appelle ;
Courez , enfant , vous jeter dans son sein.
Ce jour est sans nuage ; oh ! passez-le près d'elle : Un beau jour a souvent un affreux lendemain.
Ne foulez plus cette herbe où se cache une tombe ; D'un- ange vous troublez le tranquille sommeil.
Dieu ne m'a promis son réveil r Qu'en arrachant mon âme à mon corps qui succombe.
ÉLÉGIES. io5
Dans cet enclos désert, dans ce triste jardin , Tout semble m ? annoncer ce repos que j'implore ; Et sous un froid cyprès , mon sang , qui brûle encore, Sera calme demain.
O douce plante ensevelie !
Sur un sol immortel tes rameaux gracieux Couvriront ma mélancolie D'un ombrage délicieux;
Ta tige élevée et superbe *
Ne craindra plus le ver rongeur Qui veut la dévorer sous l'herbe , Comme il a dévoré ta fleur.
Cette fleur, au temps échappée, D'un rayon pur enveloppée , Reprendra toute sa beauté. ^ Son doux éclat fera ma gloire, Et le tourment de ma mémoire En sera la félicité.
Mais la voix d'un enfant trouble encor ma prière» Et m'arrache au bonheur que je viens d'entrevoir : Tout à coup ramenée aux songes de la terre,
J'ai tressailli , j'ai cru le voir !
Oui , j'ai cru te revoir , idole de mon âme , Lorsqu'avec tant d'amour tu t'élançais vers moi :
io4 ÉLÉGIES.
Abandonnez vos fleurs au courant du ruisseau ;
Doucement entraîné par l'eau , Qu'un bouquet tous annonce à son âme enchantée. Vous la verrez sourire , en attirant des yeux Ce don simple apporté par le flot du rivage ; Et cherchant à fixer votre mobile image ,
Tressaillir à vos cris joyeux.
Je l'aurais vue , au temps où j'excitais l'envie , «Même en vous caressant 9 rêver à mon bonheur. Cette suave joie , où se plongeait mon cœur , N'est plus qu'un poison lent distillé sur ma vie; Mon triomphe est passé , le sien- croit avec vous ; C'est à moi de rêver à son bonheur suprême ; Elle est mère , et je pleure. O sentiment jaloux ! On peut donc vous connaître au sein de la mort même ? Mais pour un cœur flétri les pleurs sont un bienfait ; Le mien a respiré du poids qui l'étouffait.
Celui de votre mère en tremblant vous appelle ;
Courez , enfant , vous jeter dans son sein.
Ce jour est sans nuage ; oh ! passez-le près d'elle : Un beau jour a souvent un affreux lendemain.
Ne foulez plus cette herbe où se cache une tombe ; D'un* ange vous troublez le tranquille sommeil.
Dieu ne m'a promis son réveil r Qu'en arrachant pion âme à mon corps qui succombe.
ÉLÉGIES. io5
Dans cet enclos désert, dans ce triste jardin , Tout semble m'annoncer ce repos que j'implore ; Et sous un froid cyprès , mon sang , qui brûle encore, Sera calme demain.
O douce plante ensevelie !
Sur un sol immortel tes rameaux gracieux Couvriront ma mélancolie D'un ombrage délicieux;
Ta tige élevée et superbe /
Ne craindra plus le ver rongeur Qui veut la dévorer sous l'herbe , Comme il a dévoré ta fleur.
Cette fleur, au temps échappée, D'un rayon pur enveloppée , Reprendra toute sa beauté. ; Son doux éclat fera ma gloire, Et le tourment de ma mémoire En sera la félicité.
Mais la voix d'un enfant trouble encor ma prière» Et m'arrache au bonheur que je viens d'entrevoir : Tout à coup ramenée aux songes de la terre ,
J'ai tressailli , j'ai cru le voir !
Oui , j'ai cru te revoir , idole de mon âme , Lorsqu'avec tant d'amour tu t'élançais vers moi :
Accourir en dansant pour me jeter des fleurs.
Au sein de mes chères compagnes ,
Courant dans les verte* campagnes,
Frappant l'air de nos doux accens ,
Qui pouvait attrister mes sens ?
Comme les fauvettes légères
Se rassemblent dans les bruyères,
La saison des fleurs et des jeux
Rassemblait notre essaim joyeux.
Un jour, dans ces jeux pleins de charmes-.
Je cessai tout à coup de trouver le bonheur.
J'ignorais qu'il -fût une erreur,
Et pourtant je versai des larmes ; En revenant je ralentis mes pas ; Je remarquai du jour le feu prêt à s'éteindre , Sa chute à l'horizon , qu'il regrettait d'atteindre ; Mes compagnes dansaient moi, je ne dansai pas.
Un mois après j'errai dans ce lieu solitaire; Hélas ! ce n'était plus pour y chercher des fleurs. La mort m'avait appris le secret de mes pleurs, Et j'étais seule au tombeau de ma mère!
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J 'étais à toi peut-être ayant de t'avoir vu. Ma vie , en se formant, fut promise à la tienne ; Ton nom m'en avertit par un trouble imprévu , Ton âme s'y cachait pour éveiller la mienne.
Je l'entendis un jour et je perdis la voix ; Je l'écoutai long-temps , j'oubliai de répondre. Mon être avec le tien venait de se confondre , Je crus qu'on m'appelait pour la première fois.
Savais-tu ce prodige ? Eh bien , sans te connaître J'ai deviné par lui mon amant et mon maître ; Et je le reconnus dans tes premiers accens , Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissans. Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent; Dans un regard muet nos âmes s'embrassèrent ; Au fond de ce regard ton nom se révéla , Et sans le demander j'avais dit : Le voilà !
Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ; Elle y devint soumise , elle y fut enchaînée.
no ÉLÉGIES.
Comme un timbre Tivant , l'écho du souvenir Appelait par ton nom l'écho de l'avenir.
Je le lisais partout , ce nom rempli de charmes , Et je le relisais , et je versais des larmes. D'un éloge enchanteur toujours environné, A mes yeux éblouis il s'offrait couronné.
Je l'écrivais bientôt je n'osai plus l'écrire,
Et mon timide amoar le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit , il berçait mon sommeil; Il résonnait encore autour de mon réveil ; Il errait dans mon souffle , et lorsque je soupire C'est lui qui me caresse et que mon cœur respire.
Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort ! Hélas ! que tu me plais , que ta* grâce me touche ! Tu m'annonças la vie; et, mêlé dans la mort, Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche.
ÉLÉGIES.' m
J e m'ignorais encor , je n'avais pas aimé.
L'amour ! si ce n'est toi , qui pouvait me l'apprendre ?
A quinze ans , j'entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre ,
D'un trait sans force il effleura mon cœur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ; Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur;
Il s'envola. Je ne perdis qu'un songe.
Je l'ai vu dans tes yeux cet invincible amour , Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme. Qui commande à nos sens , qui ^'attache à notre âme ,
Et qui l'asservit sans retour.
Cette félicité suprême ,
Cet entier oubli de soi-même ,
Ce besoin d'aimer pour aimer , Et que' le mot amour semble à peine exprimer , Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine; Je sens à tes transports , à ma fidélité , Qu'il veut dire à la fois , bonheur , éternité ,
Et que sa puissance est divine.
II3 Elégies.
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JxLa sœur, il est parti ! ma sœur, il m'abandonne ! Je sais qu'il m'abandonne , et j'attends , et je meurs , Je meurs. Embrasse-moi, pleure pour moi.... pardonne , Je n'ai pas une larme , et j'ai besoin de pleurs. Tu gémis ! Que je t'aime ! Ob ! jamais le sourire Ne te rendit plus telle aux plus beaux de nos jours. Tourne vers moi les yeux , si tu plains mon délire ; Si tes yeux ont des pleurs , regarde-moi toujours. Mais retiens tes sanglots ; il m'appelle , il me touche : Son souffle en me cherchant vient d'effleurer ma bouche. Laisse, tandis qu'il brûle et passe. autour de nous, Laisse-moi reposer mon front sur tes genoux.
Écoute! ici ce soir, à moi-même cachée, Je ne sais quelle force attirait mon ennui :
Ce n'était plus son ombre à mes pas attachée ,
Oh ! ma sœur, c'était lui.
C'était lui ! mais changé , mais triste. Sa voix tendre Avait pris des accens inconnus aux mortels , Plus ravissans , plus purs , comme on croit les entendre Quand on rêve les deux aux pieds des saints autels.
ÉLÉGIES. n3
Il parlait , et ma vie était près de s'éteindre. L'étonnement , l'effroi , ce doux effroi du cœur. M'enchaînait devant lui. Je l'écoutais se plaindre , Et , mourante pour lui , je plaignais mon vainqueur. Il parlait , il rendait la nature attentive , Tout se taisait. Des vents l'haleine était captive; Du rossignol ému le chant semblait mourir:
On eût dit que l'eau même oubliait de courir.
Hélas ! qu'avait-il fait alors pour me déplaire ?
Il gémissait , me cherchait comme toi.
Non , je n'avais plus de colère , Il n'était plus coupable , il était devant moi.
Sais-tu ce qu'il m'a dit? des reproches.... des larmes....
Il sait pleurer , ma sœur !
O Dieu ! que sur son front la tristesse a de charmes ! Que j'aimais de ses yeux la brûlante douceur !
Sa plainte m'accusait ; le crime je l'ignore :
J'ai fait pour l'expliquer des efforts superflus.
Ces mots seuls m'ont frappée , il me les crie encore :
« Je ne te verrai plus! »
Erje l'ai laissé fuir, et ma langue glacée A murmuré son nom qu'il n'a pas entendu; Et sans saisir sa main ma main s'est avancée , Et mon dernier adieu dans les airs s'est perdu.
n4 ÉLÉGIES.
Ouoi ! les flots sont calmés , et les vents sans colère Aplanissent la route où je vais m'égarer !
J'ai vu briller le phare, et l'onde qui s'éclaire Double l'affreux signal qui doit nous séparer ! Que fait-il? Ah ! s'il dort, il rêve son amie. Bercé dans mon image, il attend -le réveil:
Comme l'onde paisible il me croit endormie , Et son rêve abusé sourit à mon sommeil.
Emmenez-moi , ma sœur. Dans votre sein cachée , Comme une pâle fleur de sa tige arrachée , Sauvez-moi de ces lieux. Dites : C'est sans retour î Cet effort finira ma vie ou mon amour.
Emportez ma douleur loin de lui, loin du monde; Loin de moi , s'il se peut , ma sœur , emportez-moi. Mais la nuit qui nous couvre est-elle assez profonde? Oh ! non ; les flots , le ciel , tout me remplit d'effroi. Est-il temps de mourir? Et lui, lui que j'adore, Ne puis-je, en le fuyant, vous le nommer encore? Ne puis-je de sa voix appeler la douceur ?
Ne puis-je le revoir? Non, sauvez-moi, ma sœur.
ÉLÉGIES. r,5
Mon mal est dans sa vue, et lorsque j'y succombe Mon mal doit vous toucher , ce n'est pas le remord. Cachez-moi dans vos bras, dans la huit, dans la tombe ; Je demande à le Cuir , je ne crains plus la mort.
Venez ! s'il descendait sur la plage déserte , Un charme sur mes pas attirerait ses pas :
Prête à me confier à la vague entrouverte , Je lui dirais adieu...... je ne partirais' pas.
Il sait tout. O ma sœur ! il demandait mon âme. Nos regards se parlaient malgré nous confondus. Totft baignés de tristesse, et je pleurs et de flamme, Dans ses regards si doux les miens se sont perdus. Et je fuis 1 et des cieux la pitié m'abandonne ! Je ne les verrai plus , ils étaient dans ses yeux. Si tu voyais ses yeux ! Oh ! l'ange qui pardonne Doit regarder ainsi quand il ouvre les cieux 1
J'étais seule avec lui , j'écoutais son silence ; L'heure, une fois pour nous, perdit sa vigilance.. Contre un penchant si vrai , si long-temps combattu , Ma sœur, je n'avais plus d'appui que sa vertu. Pour arracher mon cœur à sa peine chérie , Et distraire du sien la sombre rêverie , Je cherchais le secours de ces accords puissans , Qui de plus d'un orage avaiatt calmé ses sens.
n6 ELEGIES.
J'essayais , d'une main faible et mal assurée ,
Cet art consolateur d'une âme déchirée.
Je disputais son âme à ses vagues désirs $
Je ramenais le temps de nos plus doux loisirs , m
Son sourire trompait ma crédule espérance.
Et j'unissais ainsi la ruse à l'innocence.
Dieu! que je m'abusais à ce calme trompeur!
Pour la première fois son regard me fit peur ;
De ma gaîté timide il détruisit les charmes ,
Et ma voix s'éteignit dans un torrent de larmes.
« Non ! dit-il , non , jamais tu n'as connu l'Amour ! »
J'ai voulu me sauver il pleurait à son tour :
J'ai senti fuir mon âme effrayée et tremblante ; Ma sœur, elle est encor sur sa bouche brûlante.
Sauvez-moi ! sauvez-moi î De lointaines clameurs Appellent au rivage une barque tardive.
De l'écho du rocher que la voix est plaintive ! Répondez-lui pour moi, je vous suivrai.... je meurs.
Et T
u8 ÉLÉGIES.
Alors, peut-être , alors l'hirondelle endormie, A la voix d'un amant qui pleure son amie , S'échapper* du sein des parfums précieux , Emportant sa prière et ses larmes aux cieux.
Alors , rêvant aux bien* que ce monde nous donne , Il laissera tomber sur le froid monument Les rameaux affligés dont la gloire environne Son front triste et charmant.
Alors je resterai seule , mais consolée , Les vents respecteront l'empreinte de ses pas. Déjà je voudrais être au fond de la vallée ; Déjà je l'attendrais...... Dieu ! s'il n'y venait pas !
ÉLÉGIES. ir 9
Qui , toi , mon bien-aimé , t'attacher à mon sort ,
Te parer d'une fleur que la tombe t'envie !
Lier tes jours de gloire à ma tremblante yie ,
Et ton baiser d'amourgu baiser de la mort !
Me suivre ! toi si cher aux rives enchantées ,
Que pour jamais bientôt mes pas auront quittées !
Mes pas que tu soutiens, qui te cherchaient toujours,
Dont la trace légère effleura le rivage,
Où tu m'avais montré des fleurs et des beaux jours ,
Où je vais devant toi passer comme un nuage !
Oui , devant toi ma vie incline son flambeau ,
De ses pâles rayons le dernier va s'éteindre.
Ces fleurs , ces belles fleurs que je ne puis atteindre ,
Tu les effeuilleras un soir sur mon tombeau.
La Mort m'a regardée , et ta plainte adorable , Ma jeunesse , tes vœux , rien ne doit l'attendrir. Elle m'a regardée, et cette inexorable, Quand j'écoutais' ton chant, m'a dit: Tu vas mourir.
Oh ! non ; prodigue encor les hymnes , les offrandes ; Jette-lui ta couronne et tes lauriers en fleurs;
iao ÉLÉGIES.
Gache-moî dans ton sein , couvre-moi de guirlandes , Et long-temps immobile , elle craindra tes pleurs. Conduis-moi près des flots. La nymphe qui soupire
Y rafraîchit l'air de sa voix.
Cet air doux et mortel , que ma bouche respire ,
Brûle moins à l'ombre des bois.
Vois dans l'eau , vois ce lis d0nt la tête abaissée
Semble se dérober au sourirefcles cieux ;
Telle, craignant l'Amour et le cherchant des yeux,
J'essayais de te fuir innocente et blessée.
Je demandais aux bois l'oubli de tes accens ;
Un vague , un triste écho m'en rappelait les charmes,
Et dans les rameaux frémissans Ton image venait s'attendrir à mes larmes.
Un jour , ce fut toi-même , un jour à mes genoux , Le saule où je pleurais apporta ton hommage.
Je ne m'y trouvai plus seule avec ton image , Il nous cachait ensemble , il se penchait sur nous. Trop tard , hélas ! trop tard ; et ta flamme timide Enhardit vainement mes timides secrets :
Tu les connus trop tard ; et ma fuite rapide
T'abandonne à de longs regrets. > *
Oh ! que je crains pour toi l'aurore désolée Qui ne pourra me rendre à tes vœux superflus ,
ÉLÉGIES. isi
Quand sa douce lueur , pour moi seule yoilée ,
Ne m'éveillera plus !
Mais le ruisseau répond, par un faible murmure,
Au souffle expirant des zéphyrs ; La nymphe qui s'endort entraîne mes soupirs
A la source déjà moins pure.
Demain..... L'écho plus triste a dit awsé : Demain. Adieu , ma jeune vie ! adieu , toi que j'adore ! Ne gémis pas. Ce soir je serre encor ta main : Ce soir efforce-toi de me sourire encore.
ROMANCES. taS