CLAIR DE LUNE
La nuit sur nous lentement
Déroule ses voiles, En faisant au firmament
Briller les étoiles.
C'est l'heure où les amoureux Regardent plus langoureux
La lune indolente
Si calme et si lente.
C'est l'heure où l'oiseau finit Sa complainte douce,
En revenant à son nid De plume et de mousse,
D'où son œil ensommeillé Guette encore émerveillé
La lune indolente
Si calme et si lente.
La fleur, que les feux du jour
Avaient épuisée.
Prend enfin avec amour
Son bain de rosée.
Le bassin de l'abreuvoir Dans sa belle eau laisse voir
La lune indolente
Si calme et si lente.
Le noyer silencieux, Dans l'ombre incertaine,
Rêve en dressant vers les cieux Sa cime hautaine.
Les grillons, à travers champs, Bercent de leurs plus doux chants
La lune indolente
Si calme et si lente.
Dans la plaine va soufflant
La brise fantasque, Et le clocher de fer-blanc
Reluit comme un casque.
Au sein de l'immensité, Plane en toute liberté
La lune indolente Si calme et si lente.
Heureux qui, dans ce moment De délice extrême, Peut, incliné doucement Vers celle qu'il aime,
Le cœur libre de souci, Voir, là-haut, planer ainsi
La lune indolente
Si calme et si lente.