‹ PoésiesChapitre 10 sur 45 · CLAIR DE LUNE · texte numérisé non relu

CLAIR DE LUNE

La nuit sur nous lentement

Déroule ses voiles, En faisant au firmament

Briller les étoiles.

C'est l'heure où les amoureux Regardent plus langoureux

La lune indolente

Si calme et si lente.

C'est l'heure où l'oiseau finit Sa complainte douce,

En revenant à son nid De plume et de mousse,

D'où son œil ensommeillé Guette encore émerveillé

La lune indolente

Si calme et si lente.

La fleur, que les feux du jour

Avaient épuisée.

Prend enfin avec amour

Son bain de rosée.

Le bassin de l'abreuvoir Dans sa belle eau laisse voir

La lune indolente

Si calme et si lente.

Le noyer silencieux, Dans l'ombre incertaine,

Rêve en dressant vers les cieux Sa cime hautaine.

Les grillons, à travers champs, Bercent de leurs plus doux chants

La lune indolente

Si calme et si lente.

Dans la plaine va soufflant

La brise fantasque, Et le clocher de fer-blanc

Reluit comme un casque.

Au sein de l'immensité, Plane en toute liberté

La lune indolente Si calme et si lente.

Heureux qui, dans ce moment De délice extrême, Peut, incliné doucement Vers celle qu'il aime,

Le cœur libre de souci, Voir, là-haut, planer ainsi

La lune indolente

Si calme et si lente.

Page 1