‹ PoésiesChapitre 39 sur 45 · CRI DU GUET · texte numérisé non relu

CRI DU GUET

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville, Dix heures vont sonner à la Maison-de-ville. Faites votre prière et mettez vous au lit ; Jusqu'à demain matin que nul ne se réveille.

Il est un œil là haut qui toute la nuit veille Et qui toujours au fond des consciences lit. Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville , Onze heures vont sonner à la Maison-de-ville.

Le tapage noctUre à tout le monde nuit ; C'est pourquoi je répète au menuisier qui tâche, Malgré l'heure qu'il est, de terminer sa tâche : — Vous finirez demain, couchez- vous, bonne nuit!

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville, Douze heures vont sonner à la Maison-de-ville. Hélas! s'il est encor une âme à quelque endroit, Une pauvre âme qui languisse et se désole,

Qu'elle ait recours à Dieu, car toujours il console Tous ceux qui vont à lui le cœur flétri, mais droit. Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville , Une heure va sonner à la Maison-de-ville.

S'il est quelque brigand, parle diable incité, Qui s'efforce d'ouvrir soit porte, soit fenêtre; (J'espère bien que non ! mais cela pourrait être.) Qu'il se sauve, car Dieu voit dans l'obscurité.

Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville, Deux heures vont sonner à la Maison-de-ville. S'il est un pauvre diable, hélas I près de mourir, Et pour qui la mort soit comme une délivrance,

Qu'il fasse encor de Dieu sa dernière espérance... Je le plains, car vraiment à quoi bon tant souffrir? Ecoutez bien ceci, braves gens de la ville, Trois heures vont sonner à la Maison-de-ville.

Oh! pour le coup, voilà le jour à l'orient. Que l'ouvrier s'éveille et se mette à l'ouvrage. S'il s'est levé joyeux, qu'il prenne bon courage, Car son front restera tout le jour souriant.

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