‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 23 sur 108 · F, LE (-.TES · texte numérisé non relu

F, LE (-.TES

Toi, tluiil jaiiKiis les laiiiic- N'ont terni l;i l)e:iuté, .Ne voile [tins tes cli;u-iiies^ }Ui[)pelle ta gaieté.

Adieu, belle Délie; .1 • te lends an plaisir; lietoiinie vers la vie.

Va laisse-moi mourir.

LES DKLX MKHES

.\'a[)[iioeli(Z pas diiiie mèie aflligée,

Eul'ant, je ne sourirai plus.

Vos jeux naiïs, vos soins, sont supeiilus, Et ma douleur n'en sera pas changée. -

Laissez-moi seule à l'ennui de mon sort ; Quand la vie à vos yeux s'ouvre avec tous ses charmes. Entant, plaindriez-vous mes larmes?

Vous ne comprenez pas la mort.

La mort! ce mot, qui glace l'espérauee, Ne touche pas votre heureuse ignoiance ; Ici t(^ malheureux clierche un autre avenir : llélas ! ne chantez ))as lorsque j'y viens mourii-. De ces noirs arbrisseaux rimmobile t'euillage, Des pieuses douleurs les simples mouuments, D'un champ vaste, morne et sauvage Sont les serds ornements.

L'écho de cette eneeiute est uue plainte amèrc :

Qu'y veiR'Z-vous cIiuicIilt? (louiez vers voLie niùrc ; 1*01 (cz-lui voire amour, vos baisL-rs et vos ileiirs ; (]('s trésors sont pour elle, et pour uioi sont les pleurs. Allez ! sur l'autie rive elle s'est arrêtée ; Abandonnez vos fleurs au eourant du iiiisseau :

Doueenient entraîné par l'eau, Qu'un boiKpict vous annonce à son ànie eneliantée. Vous la verrez sourire en attirant des yeux {](' don siiuple a})porté par le flot du rivage ; t]t, ehereliant à fixer voti'e mobile image,

Tressaillir à vos cris joyeux !

Je l'aurais vue, au temps où jexeitais l'envie,

Même en vous caressant, rêver à mon bonheur.

Cette suave joie, où se baignait mon cœur,

N'est plus qu'un [)oison lent distillé sur ma vie.

Mou triomphe est passé, le sien croît avec vous :

C'est à moi de rêver à son bonheur suprême ;

Klle est mère, et je pleure. 0 sentiment jaloux !

On peut donc vous connaître au sein de la moi t même !

Mais pour un cœur llétii les pleurs sont un bienlait :

Le mien a respiré du poids qui l'étoulTait ;

Celui de votre mère en tiendjjaiil vous appelle,

Courez vous jeter dans son si'in.

Ce jour est sans nuage, oh ! passez-le \nis d'elle ! Iji beau jour a souvent un alfreux lendemain. Ne louiez plus cette herbe où se cache une tondje ; D'un ange vous tioublez le tian(jnille sommeil.

Dieu ne m'a promis son léveil Qu'en anachant mon Ame à mon corps (pii succombe. Dans cet enclos déscit, dans ce triste jardin, Tout semble m' annoncer ce repos que j'implore ;

Lt, ?ous LUI 11 oui Lvpièb, mou san;j, ijui brûle encore, Sera calme demaiu.

(J douce plante ensevelie !

Sur un sol immortel, tes rameaux gracieux Couvriront ma mélancolie D'un ombrage délicieux, Ta tige, élevée et superbe, Ne craindra plus le ver rongeui-, Qui veut la dévorer sous l'herbe, Comme il a dévoré ta fleur :

Cette fleur, au temps échappée, D'un rayon pur enveloppée.

Reprendra toute sa beauté ; Son doux éclat fera ma gloire, Et le touraient de ma mémoire En sera la félicité !

Mais l'autre jeune voix tiouble encor ma prière, Et m'arrache au bonheur que je viens d'entrevoir : Tout à coup ramenée aux songes de la terre.

J'ai tressailli, j'ai cru le voir !

Oui, j'ai cru te revoir, idole de mon àme, Lorsqu'avec tant d'amour tu t'élançais vers moi : D'un flambeau consumé rallumc-t-on la flamme ? Non, sa clarté trop vive est éteinte avec toi î

Et vous qui m'attristez, vous n'avez en partage Sa beauté, ni la grâce où brillait sa candeur. Enfant ; mais vous avez son âge :

C'en est assez pour déchirer mon cœur I

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