‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 49 sur 108 · L'EXILÉ · texte numérisé non relu

L'EXILÉ

I' Uni, je le sais, voilà des fleurs, Des \ allons, des ruisseaux, des prés et des léuillages; Mais une onde })lus pure et de plus verts ombrages Enclianlent ma pensée, et me coûtent des pleurs.

M Oui, je le vois, ces frais zépbyrs (iaressont en jouant de naïves bergères; Mais d'un zépbyr plus doux les baleines légère? Âttiient loin de moi mon àme et mes soupirs.

V» Ab! je le sens, c'est (juc mon cœur. Las d'envier ces boisj ces fleurs, cette prairie^ Demande^ en gémissant, des fleurs à ma patrie : Ici rien n"(S! à moi, si ce n'est ma douleur. )«

iVisle exilé, vodà Ion sort:

La plainte de Téclio m'n révélé la peinci

l'.OMANCES. 171

Tomme un oi>oau e.i|)til, tn cluniles dans la cliaîiu'; (iomme un oiseau bless-', j'y joins un cii de moi ( .

Goûte l'espoir silencieux!

Tu reverras un jour le sol qui le rappelle; .\fais rien ne doit changei' ma douleur éternelle : Mon exil est le monde... el uiou espoii aux eien\.

LK REGARh

Cache-moi ton regard plein d'àme et de Irislesse, Dont la langueur brûlante alTaiblil ma raison; De Tauiour qu'il révèle il m'apprendrait l'ivresse : l'our les infortunés sou chanue est un poison.

bèves-tu sur mes yeux ta pau[»ière tremblante, C'est le ciel qui s'eutr'ouvre et sourit au malheui'; C'est un rayon divin, une étoile brillante, Qui perce la nuit soudtre où s'éteignait uion cipni'

(lui, la douleur s'envole, et mou àme ravie Suit la douce clarté qui ne peut m'éblouir : Éviter ton regard, c'est repousser la vie; Atlacbe-le sur moi, je ne pui^ pln« le fuii'.

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