LES SERMENTS
Hr'l;>>! que les vieillards savent de tristes choses! Hier, après la fête, ils riaient des amants; Ils riaient 1 Leurs serments, disaient-ils, sont des roses. En voilà sous nos pieds d'aujourd'hui même écluses: Pourquoi, mou Olivier, m'as-tu fait des serments?
J'ai couru veis mes fleurs avec un trouble extrême; Je n'en veux plus cueillir, même pour me parer : Mais, si de tes amours leur durée est l'emblème, Tu no m'aimeras pas longtemps comme je t'aime : La dernière s'entr'ouvre... elle m'a l'ail ])leui'er.
Lu vain le grand ruisseau' coule au pied du bocage, Il n'a pu les sauver des moi telles chaleru s. Les roses, les serments s'envolaient du rivage; Tout fuyait comme l'onde où ti emblait mon image; Lt tu n'es pas venu pour essuyer mes pleuis!
Du discours des vieillards je demeure oppressée : Adieu... Non, je ne veux t'écouter ni m'asseoir. Chaque feuille qui tombe afflige ma pensée. Rh quoi ! comme un parfum ma joie est donc passée? Plu.s d'espoir... plus de lleuis... ajtporte-m'en ce soir!
I7i l'OËSIKS.
L\ Sl.PVRATTOX
il It^ faiil, je iciionoo à loi ; On le veut, je briso ta chaîne.
.le te rends les serments, ta foi : Sois heureux, quitte-moi sans peine.
Sc'[)arons-nous... attends, hélas!
Mon cœur encor ne se rend pas!
Toi fpii fus mes seules amouis, ],(' charme unique de ma vie, lue autre fera tes beaux jours, VA je le verrai sans envie.
.Si' parons-nous... attends, hélas!
Mon cœur encor ne se icnd i)as!
Heprcnds-le, ce ])orlrait chai niant.
Où l'amour a caché ses armes ; On n'y verra plus ton serment, 11 est effacé par mes larmes!
Séparons- nous... attends, hékis!
Mon cœur encor ne se lend pas!
liOMANCES. n.o
C'EST AFOf
Si ta maiclio atliisti'c S'égare au fond d'un bois.
Dans la feuille agitée Reconnais-tu ma voix ?
El. dans la fontaine argentée, (]i ois-tu me voir, ([uand tn te voi.'
Qu'une rose s'effeuille
En roulant sur tes pas.
Si ta pitié la cueille,
Dis! ne me plains-tu pas?
El (le ton sein, qui la recueille, Mon nom s'exhale-t-il tout bas?
(Ju'un léger bruit t'éveilie,
T'annonce-t-il mes vœux?
Et si la jeune abeille
Passe devant tes yeux, N'entends-tu rien à ton oreille?
\'eufends-tu pas ce que je veux".''
La i'euille l'rémissaute, L'eau qui parle en couranl, La rose languissante, Oui te chercbe en mourant:
Hreuds-y garde, o ma vie absente!
Ct-^l moi qui t'a])pellr' ni |i|cin:uil
170 POKSIES.