‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 60 sur 88 · A M. ALFRED TATTET · texte numérisé non relu

A M. ALFRED TATTET

Ainsi, mon cher ami, vous allez donc partir! Adieu ; laissez les sots blâmer votre folie. Quel que soit le chemin, quel que soit l'avenir, Le seul fluide en ce monde est la main d'une amie.

Vous me laissez pourtant bien seul, moi qui m'ennuie. Mais qu'importe? L'espoir de vous voir revenir Me donnera, malgré les dégoûts de la vie, Ce courage d'enfant qui consiste à vieillir.

Quelquefois seulement, près de votre maîtresse. Souvenez-vous d'un cceur qui prouva sa noblesse Mieux que l'épervier d'or dont mon casque est armé;

Qui vous a tout de suite et librement aimé, Dans la force et la tleur de la belle jeunesse, Kt qui dort maintenant à tout jamais fermé.

17 Mai i843.

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