‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 64 sur 88 · A M. ALFRED DE MUSSET · texte numérisé non relu

A M. ALFRED DE MUSSET

J'ai lu ta vive Odyssée

Cadencée; J'ai lu tes sonnets aussi;

Dieu merci !

Pour toi seul l'aimable Muse,

Qui t'amuse.

Réserve encore des chansons

Aux doux sons.

Par le faux goût exilée

Et voilée, Elle va dans ton réduit

Chaque nuit.

Là, penchée à ton oreille

Qui s'éveille.

Elle te berce aux concerts

Des beaux vers.

Elle sait les harmonies

Des génies, Et les contes favoris

Des péris;

Les jeux, les danses légères

Des bergères, Et les récits gracieux

Des aïeux.

Puis, elle se trouve heureuse,

L'amoureuse, De prolonger son séjour

Jusqu'au jour.

Quand, du haut d'un char d'opale,

L'aube pâle Chasse les chœurs clandestins

Des lutins.

Si l'aurore malapprise

L'a surprise.

Peureuse, elle part sans bruit

Et s'enfuit,

En exhalant dans l'espace

Qui s'efface Le soupir mélodieux

Des adieux.

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