‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 70 sur 88 · A .MON FRÈRE, REVENANT D'ITALIE · texte numérisé non relu

A .MON FRÈRE, REVENANT D'ITALIE

Librement il respirait l'air,

Et parfois il se montrait fier

D'une blessure.

Il fut crédule, étant lovai.

Se défendant de croire au mal

Comme d'un crime.

Puis tout à coup il s'est fondu Ainsi qu'un glacier suspendu

Sur un abîme...

Mais de quoi vais-je ici parler .■' Que ferais-je à me désoler,

Quand toi, cher frère, Ces lieux où j'ai failli mourir, Tu t'en viens de les parcourir

Pour te distraire?

Tu rentres tranquille et content; Tu tailles ta plume en chantant

Une romance.

Tu rapportes dans notre nid Cet espoir qui toujours finit

Et recommence.

Le retour fait aimer l'adieu:

Nous nous asseyons près du feu,

Et tu nous contes Tout ce que ton esprit a vu, Plaisirs, dangers, et l'imprévu.

Et les mécomptes.

38o . POÉSIES NOUVELLES.

Et tout cela sans te fâcher, Sans te plaindre, sans y toucher

Que pour en rire ; Tu sais rendre grâce au bonheur.

Et tu te railles du malheur

Sans en médire.

Ami, ne t'en va plus si loin.

D'un peu d'aide j'ai grand besoin,

Quoi qu'il m'advienne.

Je ne sais où va mon chemin.

Mais je marche mieux quand ma main

Serre la tienne.

Mars iSU.

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