A .MON FRÈRE, REVENANT D'ITALIE
Librement il respirait l'air,
Et parfois il se montrait fier
D'une blessure.
Il fut crédule, étant lovai.
Se défendant de croire au mal
Comme d'un crime.
Puis tout à coup il s'est fondu Ainsi qu'un glacier suspendu
Sur un abîme...
Mais de quoi vais-je ici parler .■' Que ferais-je à me désoler,
Quand toi, cher frère, Ces lieux où j'ai failli mourir, Tu t'en viens de les parcourir
Pour te distraire?
Tu rentres tranquille et content; Tu tailles ta plume en chantant
Une romance.
Tu rapportes dans notre nid Cet espoir qui toujours finit
Et recommence.
Le retour fait aimer l'adieu:
Nous nous asseyons près du feu,
Et tu nous contes Tout ce que ton esprit a vu, Plaisirs, dangers, et l'imprévu.
Et les mécomptes.
38o . POÉSIES NOUVELLES.
Et tout cela sans te fâcher, Sans te plaindre, sans y toucher
Que pour en rire ; Tu sais rendre grâce au bonheur.
Et tu te railles du malheur
Sans en médire.
Ami, ne t'en va plus si loin.
D'un peu d'aide j'ai grand besoin,
Quoi qu'il m'advienne.
Je ne sais où va mon chemin.
Mais je marche mieux quand ma main
Serre la tienne.
Mars iSU.