‹ Poésies nouvellesChapitre 38 sur 83 · LA NUE · texte numérisé non relu

LA NUE

A riiorizon monte une nue, Sculptant sa forme dans Fazur :

On dirait une vierge nue Émergeant d'un lac au flot pur:

Debout dans sa conque nacrée, Elle vogue sur le bleu clair Gomme une Aphrodite éthérée.

Faite de l'écume de l'air..

Elle assouplit en moUes poses SoA torse au contour incertain, Et Taurore répand des roses Sur son épaule de satin.

ËMÂUX ET CAMÉES. 145

Ses blancheurs de marbre et de neige Se fondent amoureusement Dans ce clair-obscurilu Corrégc, Argenté comme un joiir donnant.

Elle plane dans la lumière Plus haut que TAlpe ou TApennin ; Reflet de la beauté première Sœur de k Tétemel féminin. »

A son corps, en vain retenue, Sur l'aile de la passion.

Mon âme Yole à cette nue Et l'embrasse comme Ixion.

La raison dit : « Creuse fumée, Où Ton croit voir ce qu'on rêva.

Ombre au gré du vent déformée, Bu lle qui crève et qui s'en va ! »

Le sentiment répond : • Qu'importe !

Qu'est-ce après tout que la beauté, ' Spectre charmant qu'un souffle emporte Et qui n'est rien, ayant été!

.146 ÉMiUX ET CAMÉES.

A ridéal ouvre ton âme; Mets dans ton cœur beaucoup de ciel^ Aime une nue, aime une femme.

Mais aime ! — (Test Tessenti^l ! »

Jeudi, 15 mars, nuit. Eotrc Genève et Paria. £a wagon.

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