‹ Poésies parisiennesChapitre 46 sur 71 · G LA FÉE DE LA GOURMANDISE · texte numérisé non relu

G LA FÉE DE LA GOURMANDISE

Son entretien choisi, par de fines saveurs

Eveille le désir dans l'âme des rêveurs.

Ses yeux qui dans les cœurs ont fait plus d'un ravage

Ont l'éclat fier et doux de la mûre sauvage.

Comme le coquillage aux frais gazouillements, Son oreille aux propos courtois des mieux aimants S'ouvre; l'or du maïs sur ses cheveux flamboie. Empruntant à la pèche un fin duvet de soie, Sa joue à nos regards révèle avec fierté . Les signes séducteurs de ses grains de beauté Pareils à des raisins de Corinthe, et marie Dans un accord divin par sa coquetterie A des blancheurs de lait un carmin de fraisier. On dirait de la neige au-dessous d'un rosier...

Mélange harmonieux des choses que l'on aime

Pour vous, ô délicats, elle est tout un poème;

Et si la royauté qu'exerce Monselet

Prenait un beau matin la quenouille et filait,

O gourmands de Paris, de Travancor, des Syrtes,

Qui soupez en gondole ou dînez sous les myrtes,

Senoras, hospodars, visirs, dandys et miss,

Vous salûriez en chœur votre Sémiramis,

Et, reine couronnée avec des primevères,

Vous la proclameriez au bruit flatteur des verres !

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