‹ Poésies parisiennesChapitre 9 sur 71 · A C... DE LA H · texte numérisé non relu

A C... DE LA H

Lorsque le voyageur quitte une ile amoureuse Où d'inconnus parfums l'ont hercé jusqu'au soir, Doutant d'y retrouver la même ivresse heureuse, Il dit, en poursuivant sa course aventureuse : « Non ! je ne veux plus te revoir ! »

Ainsi l'hiver fantasque à Paris te ramène,

Toi qui fus mon amour, toi qui fus mon espoir.

46 APRÈS l'amour

Un an — et c'est beaucoup dans l'existence humaine Mon cœur fut ton palais, mon cœur fut ton domaine. Non ! je ne veux plus te revoir!

Je sais que ta beauté rayonne encore telle Que mon fier souvenir la peint sur son miroir : Le temps ne t'a rien pris de ta forme immortelle Qui sur un piédestal eût ravi Praxitèle. Non ! je ne veux plus te revoir !

Je sais que ton esprit, donts enchantaient les fêtes, Sur le monde affolé conserve son pouvoir. 0 charmeuse de rois, dompteuse de poètes, Tu vas indifférente au milieu des conquêtes. Non ! je ne veux plus te revoir !

Je sais que, plus que moi, dans ces heures clémentes Où le passé trompeur se plaît à décevoir, Tu te laisses ravir vers nos saisons aimantes, Que mon nom rit souvent sur tes lèvres charmantes. Non ! je ne veux plus te revoir !

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