‹ PoésiesChapitre 18 sur 85 · PENSÉES D AUTOMNE · texte numérisé non relu

PENSÉES D AUTOMNE

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'E monde meilleur et tout autre, Le Paradis, je n'eu veux pas.

Tout mon souvenir tient au nôtre, Toute ma vie est ici-bas.

La belle enfant que j'ai choisie, Ses cheveux, sa bouche et ses yeux, Sa jeunesse et sa poésie, Je ne les aurai pas aux cieux.

Si la chair n'est pas immortelk Si les formes doivent périr, Je ne reconnaîtrai plus celle Qui m'a fait aimer et souffrir.

Par les sentiers boueux d'Automne, Je marche, les cheveux au vent.

Plus d'un passant muet s'étonne Et me considère en rêvant.

Au milieu des feuilles jaunies Les lueurs des soleils couchants Ont des tristesses infinies Dans le grand silence des champs.

L'Automne ! L'Automne ! — Les hï Et les arbres sont défeuillés, A peine quelques rouges baies Tremblent aux buissons dépouillés.

PENSEES DAUTO M NE. 39

L'Automne ! L'Automne ! — Les routes Sont désertes sous l'air glacé, Et les feuilles s'amassent toutes Dans les profondeurs du fossé.

L'Automne ! L'Automne ! — La vie Flétrit chaque jour sous nos yeux Toute la beauté qui convie Le cœur à la fête des cieux.

Ce pauvre cœur en vain réclame L'éternité pour ses amours.

— Xous n'avons pas même assez d'âme Pour aimer et souffrir toujours.

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L/ans les brumes du soir vaporeux et féerique Chantaient un air de flûte et quelques violons : Malgré les grandes fleurs qui paraient les salons, Ce dernier bai d'automne était mélancolique.

Pourquoi sentîmes-nous les larmes nous venir, Lorsqu'à travers ce bai nous passâmes ensemble? Nous étions venus là bien des fois, — mais il semble Que tout soit plus charmant lorsque tout va finir.

Je ne sais quels remords se mêlaient aux tendresses Des mots que nous disions par ce dernier beau soir, Car nous allions quitter, pour ne les plus revoir, Ces beaux lieux, si remplis de nos belles jeunesses.

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