LE DERNIER BONHEUR. 4. I
La nature, elle aussi, nous trompe et peut changer : C'est assez d'un chalet nouveau sur une plage Ou d'un arbre coupé dans un cher paysage, Pour qu'à nos souvenirs tout devienne étr;
Nous nous perdions ainsi dans nos heures pa Et la fuite du monde effrayait notre cœur; La flûte attendrissait encore la langueur Qui nous venait du fond de nos tristes pensées.
Oh! ce soir, le dernier, le plus long, le plus doux, Ce soir où mes pensers auraient vécu des vôtres Pourquoi le perdions-nous à regretter les autres, Les anciens, — à jamais envolés loin de nous? —
U aci-roix
J e me souviens qu'un soir où vous aviez pleuré, Moi, je suis près de vous plus longtemps demeuré. C'était sur ia terrasse, à l'heure des étoiles. Confiante et pourtant sans soulever les voiles Qui dérobent aux yeux votre cœur noble et fier, Vous me parliez tout bas en regardant la mer. La lune se noyait, tremblante, sur les vagues, D'où s'élevaient des bruits si lointains et si vagues Qu'on eut dit une plainte échappée à moitié. Vous me parliez tout bas avec tant d'amitié, Que, dussé-je vieillir bien vieux dans ce vieux monde, Je n'oublirai jamais l'impression profonde Que m'a faite l'accord mystérieux et deux De votre voix avec ce ciel pur comme vous.
PRETERIT A.
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lNovEMBRE approche, — et c'est le mois charmant Où devinant ton âme à ton sourire Je me suis pris à t'aimer vaguement, Sans rien dire.
Novembre approche, — ah! nous étions enfants. Mais notre amour fut beau comme un poème. — Comme l'on fait des rêves triomphants Lorsqu'on aime ! —
Novembre approche, — assis au coin du feu, Malade et seul, j'ai songé tout à l'heure A cet hiver où je croyais en Dieu, Et je pleure.
Novembre approche, — et c'est le mois béni Où tous les morts ont des fleurs sur leur pierre, Et moi je porte à mon rêve fini Sa prière.