‹ PoésiesChapitre 20 sur 85 · AUTRE SOUVENIR · texte numérisé non relu

AUTRE SOUVENIR

futile sorvE-x,i%

J e me souviens de nos dimanches d'autrefois,

Quand nous allions tous deux seuls au fond des grands bois,

Que j'avais dix-sept ans, et toi, quinze peut-être,

Et que nous nous aimions, sans presque nous connaître.

Le ciel n'était point bleu, l'arbre n'était point vert,

Et notre amour était une fleur de l'hiver.

Mais quand nos pas sonnaient dans les longues allées,

Nos âmes se sentaient doucement isolées,

Et plus proches encor dans cet hiver glacé.

Toutes ces choses-là sont loin dans le passé.

CO'XtTE D'HIVER

JLe s toits et les clochers sont perdus dans la brume, La fumée à flocons monte à travers l'air gris, Et dans ces jours d'hiver, je vais sans amertume En songeant à vos yeux sous le ciel de Paris.

Je sens que je suis seul dans les bruits de la rue: Rien ne me distrait plus des chers bonheurs passés; Votre divine image à mes yeux apparue Fait couler tous les pleurs en silence amassés.

Et voici que ma joue en est tout inondée,

Mais cette angoisse est douce et ce chagrin charmant,

Je me sens revenir vers une ancienne idée

Qui sur toute douleur verse un apaisement.

Page 1