HEURES DE REGRET
Si ma tristesse est infinie Tu n'en dois rien savoir, va- t'en, Tu ne peux rien sur l'agonie Que je désire et qui m'attend.
Je ne suis plus l'ami fantasque Que, par caprice, un beau matin, Tu débarrassas de son masque De sceptique et de libertin.
Toi-même es-tu l'enfant candide Et l'Ariane au fil sauveur Qui me servit un jour de guide Au labvrinthe de mon cœur?
Elles sont longues les années Qui vont de seize ans à vingt ans, Et que de belles fleurs fanées Par un orage de printemps!
Épargncns-nous cette rencontre Dont l'éclair sinistre et glacé Perce la nuit des temps et montre Un mensonge dans le passé.
Je t'ai beaucoup aimée et malgré cet ennui Qui jour par jour consume un peu de ma pauvre âme, Si je pense en rêvant à de beaux yeux de femme, Je revois tes chers yeux, tels qu'un jour ils m'ont lu:.
Qu'ils étaient purs tes 3-eux, et si doux, si sincères, Étoiles qui brillaient dans mon ciel idéal, Et qui ne m'ont ravi qu'après tant de misères Leur mystique fanal !
Ah ! les yeux, bleus ou noirs, gais ou mélancoliques, Tantôt calmes, levés aux cieux immaculés ; D'autres fois douloureux et de larmes voilés. Réfléchissant les cœurs dans leurs miroirs féeriques, Ah! les beaux yeux, cruels ou doux, oublions-les!