‹ PoésiesChapitre 30 sur 85 · SI^CÉ^ITÉ · texte numérisé non relu

SI^CÉ^ITÉ

iA ^Amédèe 'Pigec

A.Mi, l'art vrai n'est pas, quoique la foule en dise, Un jouet qu'on reprenne ou qu'on quitte à sa guise, Il veut, pour accomplir ses travaux glorieux, De forts lutteurs, toujours pensifs et sérieux, Qui chérissent le Beau d'une immense tendresse.

Quand un prêtre fervent dit sa première messe, 11 pâlit; sa main tremble en répandant le vin Dont sa timide voix va faire un sang divin, Et la sainte liqueur déborde du calice.

SINCERITE. n1

Tel, mon ami, je veux que ta face pâlisse,

Lt que tout ton corps tremble, et qu'au fond de ton cœur

Tu sentes déborder l'excès de ton bonheur,

Chaque fois que tes yeux s'ouvrent sur un chef-d'œuvre.

L'habileté des mains change l'homme eu manœuvre S'il n'y joint pas le feu dont était transporté Le grand Vinci devant la suprême Beauté, Lui, qu'à Milan l'on vit courir en pleine rue, Comme un fou, les regards ardents, la tète nue, Pour ajouter au Christ de son Cenacolo Une ligne laissée en blanc sur le tableau, Qui venait, du milieu des choses de la vie, D'apparaitre soudain à son âme ravie.

74 LAVIEIN QUIÈTE.

^aCBITIOX

tA George Saint-T^rnê-Taillandicr

Les heures de débauche et les heures d'ennui Passent également sans laisser d'autre trace Qu'un souvenir lointain qui se perd et s'efface Comme celui d'un gite où l'on dort une nuit.

Chaque siècle nouveau ressemble à la marée. Le tumulte des flots fait peur à quelque enfant, L'homme sait qu'une loi les enchaîne et défend Qu'ils poussent plus avant leur masse exaspérée.

Viens, ne nous mêlons pas à ceux qui passeront, George, occupons nos bras à quelque oeuvre qui dure Celui que le désir d'un grand labeur torture, Celui-là peut mourir, car les œuvres vivront.

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