‹ PoésiesChapitre 49 sur 85 · LE SOMMEIL SINCERE · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL SINCERE

Ce pays nostalgique où souilre ta vraie âme,

En serai-je à jamais, ô chère, expatrié?

J'ai des trésors d'amour pour tes douleurs de femme,

Et pour tes repentirs des trésors de pitié.

Parle-moi comme on parle à son heure suprême, Lorsqu'on juge sa vie en se sentant mourir. Ne ris pas, ne mens pas. — Je suis le seul qui t'aime Au point de ne jamais te voir sans m'attendrir.

Laisse mes doigts brûlants rouler tes boucles blondes, Mes lèvres s'appuyer sur tes yeux palpitants, Et dis-moi le secret de ces peines profondes Qui te faisaient souffrir par ce soir de printemps,

Quand sur le lit drapé de rideaux de dentelle Tes rêves torturaient ton visage endormi, Tandis que j'adorais ta tête ardente et belle Que la pâle veilleuse éclairait à demi.

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