‹ PoésiesChapitre 51 sur 85 · ATAVISME · texte numérisé non relu

ATAVISME

lAT^iVISSCE

iA José -î\ Caria de Heredia.

J e suis faible et chétif, mais c'est avec envie Qu'en mes jours déprimés je pense à cette vie Que les rois de la mer menaient sur les grands flots. L'Océan remplissait leur cœur de ses sanglots, Et, n'ayant rien aimé que leur barque et leur glaive, S'ils dormaient, leur esprit partait dans un beau rêve Pour le pays d'Odin et vers le sombre ciel Où les héros saignants boivent de l'hydromel Dans les crânes de ceux qu'ils ont tués la veille. Voici qu'après mille ans leur âme en moi s'éveille ; Du fond de ce Paris sans force et sans fierté, Je sens frémir encor dans mon cœur indompté Le sang tumultueux des pères des vieux âges, Leurs désirs vagabonds et leurs haines sauvages, L'horreur de toute loi subie, et par moments, L'amour de la bataille et des égorgements.

^OSTULGIE

xA Gustave Vlnot.

Le bruit monte. Paris bourdonne, âpre et fiévreux. Comme je porte envie aux marchands ! Car pour eux Cette clameur terrible est un chant de fortune, Et moi, seul, le cœur pris d'un regret immortel, Je songe aux cris profonds que pousse vers le ciel L'Océan monstrueux qu'ensorcelle la lune.

Oh! qui m'emportera vers les sombres rochers! Qui me rendra les flots et les bateaux penchés Que le vent courbe, alors que les cordes des voiles Pendent dans l'eau! — Le vent hurle, le bateau fui:, Et c'est l'heure céleste où s'ouvrent dans la nuit Les yeux sublimes des étoiles.

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