FANTAISIE DU NORD. MO
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%A Elémir llourgei
.Les nuages vont vite, vite, Au fond du ciel couleur de fer, Et ces faux amis m'ont tout l'air De fuir la ville que j'habite.
Où s'envolent-ils? Ce n'est pas Vers la merveilleuse contrée Où ma pensée est demeurée, En Orient, là-bas, là-bas.
En Orient les cicux sont calmes, Les senteurs des ileurs d'oranger Flottent dans le vent, si léger Qu'il agite à peine les palmes.
Et sous ce ciel trop doux à voir, Je ne sais pas de place prête Pour un pale et triste poète Ni pour un froid nuage noir.
Enfu}rons-nous par les espaces, Chevauchons les vents furieux Et partons pour les sombres deux Qui luisent sur la mer des glaces.
Grandioses et désolés Les caps sont noyés de ténèbres, Les flots chantent des mots funèbres Ecoutons-les, écoutons-les !
Les grands ours blancs, au poil sauvage, Errent affamés sur le bord De ces muets déserts du Nord Pour en défendre le passage.
Mais au printemps la neige en pleurs Ruisselle des collines vertes, Comme des blessures ouvertes Ruisselle le sans: des douleurs.