A MAURICE BOUCHOR. I
*A C.C^VlilCE T>OUCHO-l{
Vjependaxt qu'attardé sur le seuil de la Vie
J'hésite, sans jamais renoncer ni choisir,
Entre l'Ambition, le Rêve et le Plaisir,
Beaux fruits dont la douceur me fait toujours envie.
Toi, Maurice, tu cours sans peur où te convie L'appel impérieux de ton puissant désir, Et nous voyons, comme au sultan son grand vizir, T'obéir aussitôt la nature asservie.
Tu n'as pas dix-neuf ans, et tous, autour de toi, T'acclament. Tu parcours le monde ainsi qu'un roi Qui veut manger dans l'or sur des tables d'auberge.
Fassent les Dieux, enfant hardi, que nous puissions Longtemps te regarder parmi tes passions Bondir, comme un jaguar dans une foret vierge.
Que j'aime le soir relire tes vers, Lorsqu'au coin du feu chante la bouilloire, lit que les sanglots du vent des hivers mpagnent bien leur touchante histoire!
Te rappelles-tu les contes d'amour, Les contes anciens où passent des fées En robe couleur de temps et de jour, Fantastiquement de rayons coi.
Vois-tu, quand tes vers chantaient dans mon coeur, Le vent m'a tout bas dit que ta chérie, Avec son regard naïf et moqueur, S'en revenait droit de quelque féerie.
Ami Maurice, l'été
Regretté Reviendra-t-il, où l'aimée