‹ PoésiesChapitre 60 sur 85 · A MAURICE BOUC HO R. 14 I · texte numérisé non relu

A MAURICE BOUC HO R. 14 I

Bien loin d'ici demeurait

En forêt, Dans une maison fermée?

Là, ton rêve s'en allait

Au volet Doucement battre de l'aile, Et longuement tu sonnais

Des sonnets, Doux-sonnants et faits pour elle.

Tu dormais en plein soleil

Ton sommeil, Et sous la fraîcheur des branches, Tu savourais des baisers

Long-posés En rêve sur deux mains blanches.

Les jours passent, Maurice, et le temps qui s'écoule, Marée immense, emporte aux plis noirs de sa houle Les épaves sans nom de nos plus beaux espoirs. Oui, les plus beaux, lancés par une matinée Si bleue, où sur la mer immense et satinée Les verts ilôts riants semblaient des reposoirs.

Mais que t'importe à toi, qui peux lancer encore Une flotte plus vaste aux flots, et plus sonore; Que t'importe l'orage et les anciens vaisseaux? Mais moi, j'ai tout perdu, fer, bois, hommes et voiles, Et j'écoute vers les implacables étoiles Avec horreur monter les voix tristes des eaux.

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