‹ PoésiesChapitre 62 sur 85 · CO^SOL^TIO'X · texte numérisé non relu

CO^SOL^TIO'X

kA Frédéric Plcssis.

Uue de fois vous avez, poète, aux jours de larmes, Blasphémé la nature et maudit les grands deux De prodiguer ainsi leurs lueurs et leurs charmes, Indifférents aux pleurs qui roulaient dans vos yeux.

Tendant vos poings fermés vers les astres sublimes, Vous leur avez crié d'éteindre leur clarté, Cependant que les vents déchaînés sur les cimes Feraient à vos regrets un pays dévasté;

Et vous avez gémi de trouver toujours vertes, Toujours pleines de joie et pleines de parfums, Les forêts, où, traînant vos blessures ouvertes, Vous meniez le convoi de vos amours défunts.

Pourtant si, dans l'azur de ces grands eieux propices, Votre prière avait éveillé quelque dieu Qui vous laissât, au gré de vos tristes caprices, Sécher la forêt verte et noircir le ciel bleu,

Si, retrouvant partout l'image de vous-même, Vous n'aviez jamais pu fuir votre propre coeur, N'impîoreriez-Yous point par un autre blasphème L'immobile univers que hait votre douleur?

Cai là, du moins, à l'heure où l'on sent que l'on tombe, L'aspect de la beauté qui ne doit pas finir Permet au malheureux d'espérer qu'à la tombe Un éternel bonheur pourra s'épanouir.

Dès ici-bas la vie offre encor sa promesse,

Et malgré lui le cœur se laisse ainsi calmer,

— Oh ! ne maudissez pas cette humaine faiblesse ! —

Par l'arôme des fleurs qu'il ne veut plus aimer.

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