JE^A'XL'XLE T>E COUXTISOLS
Ul mihi non ullo pondère terra forci.
La nuit d'hiver au ciel monte, obscure et sans lune. Les lampes du château meurent une par une, Et dans le parc glacé tout est silencieux. Seule une lampe encor tremble et n'est pas éteinte, Comme pour témoigner que jamais la nuit sainte N'a calmé tous les cœurs ni fermé tous les yeux.
Jeanne de Ccurtisols, en robe noire et rose,
Est assise devant le foyer, et sa pose
Trahit trop son espoir à tout jamais lassé.
Ses yeux bleus sont baignés de pleurs, ses mains pendantes.
Quels deuils prématurés et quelles épouvantes
Sous ses longs cheveux bruns plissent son front baissé?
Si ses yeux sont amers, si son beau front se plisse,
C'est que la faible enfant vide l'affreux calice
Dont au jardin sacré Jésus lui-même eut peur;
Elle s'est résolue à mourir, elle est prête,
Mais avant de partir, son âme qui s'arrête,
Du monde qu'elle fuit sent trop bien la douceur.
De ses pauvres amours la douloureuse histoire Pour la dernière fois vient hanter sa mémoire: Une histoire commune et meurtrière au cœur. Elle a beaucoup aimé, sans qu'un regard trop tendre, Une parole, un geste, ait jamais fait entendre A celui qu'elle aimait sa secrète langueur.
« Ah ! j'ai vécu longtemps seule avec ma chimère, Heureuse de le voir quelquefois chez ma mère, Dit-elle en achevant son rêve à haute voix,