‹ PoésiesChapitre 9 sur 85 · LES ROSES FANEES · texte numérisé non relu

LES ROSES FANEES

Et les roses tremblaient et semblaient se pâmer

Aux caresses du clair de lune.

Je pensais à vos yeux en écoutant la mer

Sangloter derrière la dune.

Ces parfums sont éteints pour longtemps, et l'hiver Vient sur nous à grandes journées,

Les rosiers ont gardé quelque feuillage vert, Mais toutes leurs fleurs sont fanées.

U-l CH^i TELLE

La chapelle est tapie au creux d'un grand rocher. La croix de fer doré brille en haut du clocher, Le porche en bois est plein de sculptures antiques, Où des saints douloureux et des anges mystiques Charment les cœurs dévots depuis quatre cents ans.

Les dimanches, c'était un flot de paysans Qui tous portaient la veste ancienne en bure bleue. Ils avaient pour venir marché plus d'une lieue; La poussière couvrait leurs guêtres de cuir brun ; Le noir chapeau de feutre en arrière, un par un Ils sortaient. Puis venait, en bonnet de dentelle, La femme qui conduit ses enfants devant elle, Le chapelet aux doigts, d'un air calme et pieux, — Et les cloches chantaient doucement vers les deux,

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