‹ Poésies posthumes, 1874-1876Chapitre 30 sur 55 · PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PRINTEMPS

L,es tristesses d'hiver enfin sont disparues. Dans la ville, hier encor neigeuse, le passant Aspire à pleins poumons, libre et reconnaissant, Les senteurs de printemps qui courent par les rues.

Les rudes laboureurs, penchés sur leurs charrues, Se chauffent avec joie au soleil renaissant ; Enjambant les buissons dans le pré fleurissant, Les filles près des gars vite sont accourues.

Dans le bois qui verdit s'en vont les amoureux ; L'un à l'autre enlacés, couples vraiment heureux. De baisers longs et chauds ils abrègent la route.

Dans son réduit obscur le rêveur incompris, Consumé par le mal le plus cruel, le doute, Comme tout ici-bas du printemps est épris !

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