PRE FAC E
affection qu'il composa ses premiers vers. Un jour il vint me les dire, et je fus bien profondément touche de cette marque de confiance et d'amitié dont le souvenir m'a engagé a écrire ces quelques lignes. Je le vois encore m'apportant son manuscrit, le déroulant avec un certain embarras et débutant d'une voix un peu hésitante d'abord, puis s'animant, s'echauffant bientôt à sa lecture même, à ce souffle idéal qu'il avait mis et sentait vibrer dans ses vers. Cette lecture et ces poésies me frappèrent vivement : ce n'était point la le cahier banal de chaque élevé de rhétorique. Il y avait dans ces premiers essais une originalité de la pensée, une délicatesse du sentiment, un souci de la forme bien rares chez un aussi jeune homme. Ces qualités, le lecteur les retrouvera aisément en parcourant ce petit recueil. Je citerai par exemple la pièce commençant ainsi :
Je crois que Dieu, quand je suis né , Pour moi n'a pas fait de dépense...
et dont les quelques vers suffiraient au besoin