ANNEE SANS PRINTEMPS
L'hiver a fui, sombre et bourru ; Il n'est que temps : l'été commence, Et le printemps n'est apparu Nulle part sur la terre immense!
Oh ! malheur à ceux qui sont nés En mil huit cent soixante-seize, Car d'avance ils sont condamnés :
Sur eux un sombre avenir pèse.
Ils vivront seuls, tristes et las, L'air agité, l'âme inquiète, Car l'amour ne chantera pas Dan* leur existence incomplète.
fOd POÉSIES POSTHUMES.
Puis, solitaires ils mourront, Et nulle larme au cimetière Ne les suivra, quand ils iront Dormir sous une croix de pierre.
Fleur sans parfum, pays sans champs, Jour sans soleil, jardin sans rose, Cœur sans amour, an sans printemps, Sont une seule et même chose.
28 mai 1876.
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