‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 11 sur 76 · INTERIEUR FLAMAND · texte numérisé non relu

INTERIEUR FLAMAND

Que n'es-tu là, Rembrandt, ù maître vénéré? Par cet intérieur tu serais inspiré.

Cette liaute cuisine est peinte d'un vert sombre : Parfois, un gai soleil vient envalrir son ombre, Et, traçant un sillon de la fenêtre au mur, Pour toi crée à plaisir un calme clair-obscur! Sous son large manteau l'antique cheminée De flamme et de soleil est toute illuminée; La fonte du fourneau reluit comme un miroir, La bouilloire au long cou chante matin et soir, Le soufflet suffoqué, gît dans un coin à terre, Et l'atome gravite au sein de la lumière.

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Yuic-i le vieux buflet dans son coin solitaire, Soigneusement fermé , tout comme un reliquaire; Voici les plats d'étain , ornés de noms, de fleurs , Et la faïence pointe , aux rustiques couleurs; Yoici le grand fauteuil, où vient s'asseoir le maître, Et la table de (diène , et, ja-ès de la fenêtre. Dans une cage verte, un cénacle d'oiseaux. Gais improvisateurs, aux chants toujours nouveaux, Peuple heureux, qui, privé de souci politique. Siffle pour le tyran et vit en République!

(^hie n'es-tu là. Rembrandt, ô maître vénéré? par cet intérieur tu serais inspiré.

Regarde maintenant la femme humble et couibée Qui vient d'un pas actif. Elle s'est dérobée Aux iV'tes de la vie. Elle a dans ce réduit Travaillé clia(|U(^ jour et veillé cliaque nuit, ^'rai type de labeur et de sollicitude, Cœur simi)le qui rayonne en cette solitude. I)év(jùment qui s'ignoie et ipii ne cesse pa.-- De se renouveler à chacun de ses pas. Regard affectueux que le respect tempère, l*]t qui, sans le respect, serait l'egard de mei-e

<v)ue n'es-tu là, Rembrandt, ù maître vénérer Par cet intérieur tu serais insjnré !

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