‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 16 sur 76 · A MONSIEUR LEJEUNE-MOLLIEN · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LEJEUNE-MOLLIEN

Que j'aime à te revoir, ù ma ville natale,

Chère nymphe marine , assise au hord des eaux !

Tu n'as pas, il est vrai , de riches promenades. Ni de palais de marhre aux superbes arcades, Ni de hauts monuments , ni le ciel enchanté. Ni le tiède parfum des belles nuits d'été; Mais tu me plais, avec ton corset de murailles, Protégeant la cité , quand arondent les lia tailles...

J'aime de ton belî'roi la huche qui s'élance , Belle de hardiesse et belle d'élégance ,

GS I.IvÙEXDKS ET rOEMES.

Et i^a coupulG à juur qui laisse voir les cieiix . Et le gai tintement du carillon joyeux, Qui, devançant dans l'air la voix>des heures lentes, Jette au vent sa chanson de notes sautillantes ; J'aime ta grande mer, à l'aspect solennel, Dont on entend au loin le murmure éternel : La mer, ù mon pays, la voilà , ta richesse , Suspendant sur ton front rétornelle jeunesse ! J'aspire son air pur et vif avec bonheur, Sa fraîcheur rajeunit et retrempe mon cœur. C'est ici que pour moi la riante espérance Berça de rêves d'or mon sommeil d'innocence ; C'est ici que vers Dieu, dans le temple, en tremblant, Ardenmient s'élança ma prière d'enfant; C'est ici que mon cœur, avide de tendresse, A ma m'.'rc rendit sa première caresse....

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