‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 23 sur 76 · L'ETOILE · texte numérisé non relu

L'ETOILE

C'était le soir — Au ciel je voyais mon étoile Scintiller radieuse au sein du iirmament, Et la nuit autour d'elle abaisser son long voile Qui se déployait lentement!

Mais, tout à coup, traçant un sillage rapide, Gomme une flèche d'or du carquois d'Apollon, Comme un éclair, partit mon étoile, mon guide ; Elle tomba dans le vallon.

Et je cherchai longtemps sur la rive fleurie. Dans les roseaux penchés, dans les sentiers ombreux, Dans les buissons épais, mon étoile chérie, Astre tombé du front des cieux ;

J'affrontai la montagne et son antre sauvage, Je marchai bien longtemps, pleurant, priant tout bas, Dans le flot du torrent, sur le bord du rivage : Hélas ! je ne la trouvai pas !

Depuis lors, sur mon cœur plane la nuit profonde Et je tremble, et j'hésite à suivre mon chemin, Et comme un mendiant, triste, je tends la main Et je m'adresse à tout le monde ;

Par pitié, jeune lille au rire gracieux, Arrêtez un instant, soulevez votre voile. Et, si mon regard sombre interroge vos yeux . N'en dites rien : ie cherche mon étoile !

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