‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 24 sur 76 · TRANSFIGURATION · texte numérisé non relu

TRANSFIGURATION

J(! portais haut la tète et j'avais dans lallure

La noble gravité que revêtent les Rois.

— « Quel air fier, disaient-ils, et par quelle aventure.

« Lui si morne, si sombre et si triste autrefois? »

La trace frémissante et molle de tes doigts, Tiède encor, soulevait ma longue chevelure. Le souffle parfumé de ton haleine pure Embaumait ma pensée et mon cœur à la fois.

Mon front pâle , sacré des baisers de ta lèvre , Mon front, dont chaque artère accélérait la fièvre , Était environné d'une auréole en feu.

Et je m'écriais : « Place, ô foule bestiale !

« Je porte en moi le Verbe à qui rien ne s'égale,

« J'ai l'infini dansl'àmc, et j'aime, et je suis Dieu 1

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