L'ETANG
Nous regardions l'étang d'une eau morne et plombée Lentement sous la brise assembler pli sur pli , Et la vase cerner d'un contour assoupli La proue et les flancs noirs d'une barque embourbée ;
La couronne des bois, feuille à feuille tombée, Jonchait le sol ; le ciel de brume était empli ; Tous deux, à demi-voix, comme à la dérobée, Nous disions tristement : « l'été s'est accompli :
« Ces coteaux ont perdu leur grâce coutumièrc; « Plus de feuillage vert, plus de blonde lumière « Tremblant dans l'eau qui tremble ou dorant la hauteur! »
Cette idylle à nos yeux peut encor reparaître,
Si vous le voulez bien : — n'étcs-vous pas le maître
Qui l'avez recréée après le Créateur?
ViUe-d'Avray.