‹ Poésies posthumes. Avec une noticeChapitre 27 sur 76 · L'ETANG · texte numérisé non relu

L'ETANG

Nous regardions l'étang d'une eau morne et plombée Lentement sous la brise assembler pli sur pli , Et la vase cerner d'un contour assoupli La proue et les flancs noirs d'une barque embourbée ;

La couronne des bois, feuille à feuille tombée, Jonchait le sol ; le ciel de brume était empli ; Tous deux, à demi-voix, comme à la dérobée, Nous disions tristement : « l'été s'est accompli :

« Ces coteaux ont perdu leur grâce coutumièrc; « Plus de feuillage vert, plus de blonde lumière « Tremblant dans l'eau qui tremble ou dorant la hauteur! »

Cette idylle à nos yeux peut encor reparaître,

Si vous le voulez bien : — n'étcs-vous pas le maître

Qui l'avez recréée après le Créateur?

ViUe-d'Avray.

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