LES TAUREAUX
Tuut prêts à mesurer leur vi^^ueur athlétique, Voyez-les ! — Ils sont deux. — Œil torvc, front oblique , Corne basse, écrasant le gazon sous leurs pieds; Puis calmes tout-à-coup , immobiles, liés A l'argile du sol par leurs sabots pétrie. Zébrant leurs flancs de coups de queue, avec furie Ils s'élancent... Chevaux, juments, dormant en paix. S'éveillent. — La poussière en tourbillons épais S'élève. — La fureur du rut n'a plus de bornes: L'œil s'injecte, le pied frappe et creuse, les cornes S'entrechoquent; les flancs, inondés de sueur. Se gonflent; le poil roide, hérissé de fureur. Fume. — Un mugissement rauque sort des poitrines. Le sang rougit la corne et jaillit des narines, Et les échos craintifs, réveillés tour à tour , Redisent effrayés le rude chant d'amour.
Cependant la génisse , indolente , paisible , Ferme h demi ses yeux, tourne son col flexible,