‹ Poésies posthumesChapitre 108 sur 125 · DON · texte numérisé non relu

DON

Le cœurd'orl !e métlerde bourreau

Lui sourit bfen,

DOn niNALDO, léitr*.

Remets cette lame au fourreau.

Je te trouve hardi d'enfreindre ma défense De cette nuit.

onco.

Seigneur, ce n'est pas faire offense A vos droits souverains — que d'obéir plutôt A l'ordre d'à présent qu'à l'ordre de tantôt. Celui que je reçois de la dona — révoque Celui reçu de vous : rien n'est moins équivoque. C'est la règle céans que l'ombre d'un désir Chez notre senora — soit votre bon plaisir.

DOS niRALDO, iDiuIuI.

D'accord : pourtant...

DOUA HIRAHDA, t Orco.

Mon brave, allons, remets ton glaive.

Ono obéit.

En cette occasion, si le marquis s'élève

Contre ma volonté — c'est que vraiment j'ai torti

Cest qu'elle ne sied pas, cette rapide mortt

Elle est trop douce. Il fout des tortures bien lentes,

Et, malgré leur lenteur, fortes et violentes...

Oui — ce Judas — Il faut bien longtemps le bercer

Au-dessus de l'enfer, avant de l'y lancer I

DON RIRALDO, » don Bnina).

Pardieu, mon chevalier, que je te félicite

De ta galanterie et de sa réussite.

Hein I comme on est émue et comme on le fait voir I

Inestimable don que celui d'êmouvoirl

— Ce que le ciel ainsi de vengeance m'accorde, Me résoudrait peut-être à la miséricorde. Frère, si je n'av^s à venger que mol seul... Hais— pourtous les vraispleursquesurmonfauxlinceul A versés MIranda — tu me dois bien des gouttes

De ton sang détestable... Olil tu me les dois toutesl Et ta mort d'un moment ne sera pas, je crois. Trop d'expiation pour sa mort de trois moist

— Quiconque liésiteralt & bien venger sa dame Serait un clievalier pauvre d'honneur et d'âmel

Or, mol, je suis un preux riche d'âme et d'honneur. Donc, je t'ai condamné, Brennusl

POHA MIBANDA.

Bien, cher aeigneuri

DON RInALSO.

Hais 11 importe en outre à ma chevalerie. Au lustre de ma race et de ma seigneurie A notre nom commun, frère, au nom paternel; De ne pas divulguer l'opprobre fraternel; D'éviter avant tout, d'apprendre à la Castille Qu'un immonde Caîn tache notre famille; De murer en un mot d'une discrétion Durable — le forfait et sa punition !

Il importe & l'orgueil de cette main loyale

— Qui seule vengera mon amante royale — D'être — eu faisant couler le sang du meurtrier — Non la main d'un bourreau, mais celle d'un guerrierl — C'est doocun duel, BreoDUs, que nousaurons ensemble. Unduellmoiit'honorerd'un duel 1 Hein 1 que t'en semble}

HIRANDA. 3«5

DOUA MIRAHDA, 4 put.

J'empdcherai cela.

DON RIBALDO.

Cest généreux, sais-tuî C'est presque pardonner. .

DON BnENHnS, 4 put an ricuul.

Forfante de vertu I

DON RIHALDO, 4 Wniidi.

Damed'amour- ce duel— vous l'approuve! sansdouteT Ta, tu méconnais Dieu, si ton cœur le redoute. Pour y voir le méchant mettre le juste à bas, U faudrait...

ORCO, «(lié. PtBtKFOBpaBt.

11 faudrait que Dieu n'exlst&t paa I

DON RINALDO

Mais quoll quand notre sort échappe à toute peine, Au lien d'être à l'amour, nous sommes à la halneT — Tiens, sortons de ce deuil, viens, cherchons l'air des bols . Tiens vivre sous les deux, vivre comme autrefois. Tiens, Tiens sous le soleil, dans sa pleine lumière. Hontrons-lul nos deux cœurs dans leur fête première. A ses feux marions nos feux. Que notre amour — Ébloui du soleU — l'ébloulsse h son touri

DORA HIRANDA,

Oui — prends-moi — porte-mol dans la vie et la flamme. Sous les regards de Dieu, l'auteur de ta chère ftmet

DOS RINALDO, 4 Orra.

Mon féal, fais sonner du cor sur les remparts. Aux pointes des créneaux, plante mes étendards. Proclame mon retour... et que, dans quelques heures, Mes vassaux soient en foule au seuil de cesdemeures. Eux et mol, nous serons heureux de nous revoir. En seigneur, en ami. Je veux les recevoir. L'audience aura lien dans les salles remplies ai.

Des blasons de mt race et de ses panoplies.

DOUA NUtÀHDA.

Orco, fais surveiller étroitemeat les pas Da comtâ dou Brennus. Qu'il ne s'étolgue pasl Car 11 devra tantAt, ft ce bon pupulaire, Présenter le marquis don Rlnaldo sou frère. Avec une harangue où sera célébré Le bienheureux retour de ce ftëre adoré I A cet honneur dona Ulranda le convie... Obi de la décliner il ne sent nulle envie I

A lEniMe rhat.

Cela vaut bien ton duel.

DOU HinALDO, «jiiiit.

Oui. Mon ressentiment Ne saurait Inventer un meilleur ch&tlment. Adieu, Brennus. Allons, compose ta harangue. Fais ton geste, ta voix, tes yeux. Doro ta langue. Sols grand clerc.

BliiUo et Hlniida BOrtaol.

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