La Sêrpeat «I la Lime. fv
Il y « dans le teite : Sur tant de beaux ouvraces.
mains des impurs tourmenteurs et dans l'élreinle de mille supplices. •
Il sotitenaii, en dépit de cette satisfactioD grossière donnée aux mauvais inslincts, le succès de' l'œuvre, u la^'éalitd, la solidité de ce succès i),'qut avait fait l'exaspération des adversaires, .des liommes » de la Gazette de France et deÇVnioert religieux yi. Il rappelait enfin, il déroulait devant ces prétendus vengeurs des maîtres classiques la longue et navrante histoire des outrages que ces maîtres avaient eu à subir de la part d'ennemis acharnés et d'un sot public ; la guerre odieuse et bétc faite à Corneille, à Molière, à Racine, à Voltaire. Il citait l(^ beaux vers de Boileau, u pour avoir de plus en plus raison, et pour t&cher de nous mettre bien avec les docteurs des saines doctrines » :
Sitôt que d'Apollon un génie inspiré... etc.
U concluait : « Le grand, le seul tort de Victor Hugo, c'est d'être vivant. Puisse-t-il ne s'en corriger que bien tard, que par delà ce siècle! Puisse-t-il, pour sa gloire et pour celle de la France, atteindre à la longévité de l'aïeul de ses Burgraves! n
Et maintenant nous, lecteurs tranquilles, interrogeons-nous; ou plutôt avons-nous besoin de 'nous
iaterroger? Sans doute la discussion littéraire reste toujours ouverte: oD peut toujours disputer, soit sur la place que tiendront déûniiivement les drames de Victor Hugo parmi les monuments de noire théâtre, soit sur celle qu'il faut donner aux Burgraves parmi les pièces mômes de Victor Hugo; maïs qui n'avoue tout de suite aujourd'hui la marque de supériorilé imprimée sur toutes ses œuvres? qui ne sent combien ceux qui insultaient étaient petits et misérables, et combien l'insulté restait au-dessus d'eux? Contre eux, Dondey avait pleinement raison, et jamais il n'avait eu raison avec plus de chaleur et d'éloquence. Je ne puis,m'empécher de croire que si ce feuilleton avait paru, il aurait Trappe, et que le nom d'un critique si résolu, et, quant à l'essentiel, si clairvoyant, aurait été mis en un plus grand jour.
L'article ne parut pas : c'est d'après une copie manuscrite que je l'analyse, et voici la note qui l'accompagne dans cette copie :
( Cet article, qui devait paraître dans les premiers jours d'avril 18i3, dlaît déjà à l'imprimerie, aux maios dea compositeurs, lorsque les deux principaux rédacteurs politiques du journal, qui étaient fort hostiles il Victor Hugo, et qui avaient supporté 1res -impatiemment l'insertioD du premier feuilleton, arrêtèrent celui- ci contre toute convenance et tout droit. Inutile de dire que t'au-
leur oe se flt pas prier pour renoncer immédiatement à ses fODCtiODS de critique. — 10 octobre 1863. ■
Eo effet Dondey, à partir de ce moment, cessa d'écrire dans la Pairie. Deux mois après, il était chargé du feuilleioo dramatique dans le Courrier. 11 y reprit la défense et la glorification dti drame moderne, mais il lui reste, de l'épreuve par laquelle il a passé, un sentiment d'irritation. En saluant la rentrée de M™ Dorval dans CloUtde, à la Porte- Saint-Manin, après une campagne à l'Odéon, où elle avait joué, avec un demi-succès seulement, la tragédie classique et Lucrèce, il la félicite d'être revenue au drame, « toujours si vivant, quoi qu'on dise M. Et en finissant: h Oui, c'est bien vous maintenant) vous au complet ! vous tout entière!... Avouez qu'il est meilleur d'être ainsi la première dans votre pays natal que la seconde chez l'étranger. Si à ce propos l'on vous murmurait l'aiiome, qu'il vaut mieux occuper la seconde place dans Borne que la première, etc., interrompez ce dire banal, et répondez résolument que la cité où vous avez la première place est aussi une Rome! la Rome de l'avenir 1 > Ailleurs, à propos d'une représentation de la Tour de Nesle, il débute ainsi : « Non, le drame moderne n'est pas mort. 3i Et voici comment il termine ; « C'a été une soirée brillante que cette reprise...
Le public a été charmant ; il s'amusait de tout son cœur; il s'est intéressé profondément aux aventures, etc. I) — LepubUca été cliarmant, c'est le cri du cœur, d'uo cœur plein d'amour et de foi, qui a été blessé profondément dans ses affections, et qtii est enûn rafraîchi et consolé.
Ailleurs on sent revenir l'amertume; le succès de laLucr'ece dePonsard l'impatiente, et ce qui empêche qu'on lui reproche cette impatience, c'est qu'évidemment ce n'est pas au poêle qu'il en veut, ni à son œuvre; il leur rend sincèrement justice; mais à ceux seulement qui n'élevaient Ponsard que pour rabaisser Victor Hugo. II n'a pas de peine à montrer que par les conditions mêmes du sujet, sans parler du reste, cette pièce classique sort tout à fait des convenances imposées à l'ancietine tragédie et profite des libertés conquises par l'école nouvelle. Pour Rachel, il en a parlé toujours comme il devait en parler, mais il souffre de ce qu'elle ne se décide pas à prêter aux drames du maître le concours de son génie, et c'est une de ses préoccupations les plus vives.
Dondey ne resta pas beaucoup plus de temps au Courrier qu'à la Patrie : je ne sais pas précisément comment il en sortit, mais il était difficile qu'il n'en sortit pas. Solitaire et farouche, très-susceptible, en
4t NOTICE.
même temps que irès-loyal et très-délicat, et sans nulle souplesse dans le caractère, tout était obstacle pour lui. A force de raideur, il compromit plus d'une fois sa position même dans son bureau; il a dû trouver bien d'autres difïïcultés dans le métier de journaliste.
Il n'était peut-être pas d'.ii)leurs très à son aise dans ce genre de travail; l'esprit non plus chez lui n'était pas souple. Il reste laborieux et solennel jusque dans les comptes rendus des vaudevilles et des pièces du Palais-Royal. Dans un article sur la Lisette de Béranger, jouée par Déjazet, s'il s'abandonne au charme du rôle, c'est en s' écriant : « Nousmêmes, nous, mes frères, nous les dédaigneux et sombres fils de René, de Werther et de Lara... etc. » Et k propos d'une réouverture de l'Odéon, où on avait joué une pièce médiocre, voici la tirade, par laquelle il couronne son feuilleton :
< Fil mon brave Odéon. mon jeune preux; fil que c'est maladroit d'avoir tiré du fourreau une épée d'aussi mauvaise trempe, à la face de l'univers ettenliri Jeltenous ça vitement dans les vieun coffres ries Ferrailles de rebut. Va de ce pas djns ton arsenal choisir une autre Damberge, lleilloure chance, ô mon capitaine! Puiases-lu bientôt faire reluire à ton poing la lame Hublime d'une durandal ou d'une lizonade! puisses-tu quelque jour
tenir des complaisances de la muge un trophée d'armes toutes divines, pareilles k celles que l'indomptabie Achille lenait de l'amour inquiet de la déesse sa mère! »
Ces singularités n'empêchent pas que ces feuilletons ne nous touchent par les plus vrais mérites. On ne peut en lire déplus soigneusement préparés; on ne peut mettre dans ce travail plus de conscience, et, quant aux jugements d'ensemble, plus de goût. Ce romantique enthousiaste sentait vivement les grands classiques. Il a une passion du beau, du beau littéraire et du beau moral, par laquelle il intéresse toujours, et qui lui donne la chaleur et la Torce. Je trouve dans ses papiers une lettre de M. Aniénor Joly, qui avait la direction littéraire du Coiiirier, et qui lui écrivait, à l'occasion du feuilleton du 2fi juillet : « Aujourd'hui que j'ai pu comparer en lisant vos confrères, permettez-moi de vous reféliciter. Vous avez fait sur Lénore ce qu'il y a de plus sensé, de plus digne, de plus vrai, de plus jeune d'idées et de style; votre indignation contre ce bélitre qui est vivant, voilà une bonne scène de Molière. » 11 s'agit d'un drame joué à la Porte-Saint- Marlin, et oti les imaginations de Burger étaient traduites en une pure hallucination de Lénore; le mort était vivant, et Dondey s'écriait :
a II n'y a point de cavalier-fantôme, de mort-Sanco, de spectre ravisseur, point de merveilteuic et de fanlaatique ailleurs que dans le cerveau détirant de Lénore. WJIhem est vivant; quelle idée saugrenuel il est vivant, le béliirel etc.'. ■
Enrin rhoipme, dans tout ce que Dohdey écrit, set respecte et demeure respectable : on ne trouvera pas un mot dans ses feuilletons ou on puisse surprendre, ni la vanité, ni la malveillance, ni l'envie, encore moins un calcul quelconque; il n'a jamais eu en vue. dans sa critique, que l'art et la vérité. Il est fâcheux qu'il se soit retiré, ou qu'on l'ait écarté si vite.
Il me reste à parler des œuvres inédites de Dondey : ce sont uniquement des vers, le vers étant, je l'ai dit déjà, sa langue naturelle. 11 a laissé un cahier de poésies détachées, qu'il avait intitulées d'abord : ii Ces Vieilles rimes du vieux chevalier Gustave de Dony {Auguste Dondey); w puis il a mis au dos : « Renouvellement du titre, à cause de sa ressemblance avec celui du recueil d'Armand Sil-
1. On devine bien quelle devait Être la complaisance de Dondey pour une fable aussi TuiU pour lui que celle de Linon, et on verra que lui-niâtno l'uvait traduite en vers.
?estre en 1866*; n et il a écrit ce second titre:
V Myilica biblion, ou les Carmes de la eeconde et de la troisième jeunesse du vieux Philolhée O'Neddy, auteur de Feu et Flamme.
Vingt culla» diHarent», Du stupide univers bienfaiCeura ou tyrans, Ont passé : cherchez-Us dans la cendre de Rome ! HÙB il leate k jamais, su fond du cœur de l'homme, Deni sentiments divins, plus forts que le trépas, L'amour, la liberté, dieui qui ne mourront pas ! X.kiàS.vti'st., Laos Deo *. »
tes pièces dont le recueil se compose ool été écrites « de 183Ii à 18{|6 n. Elles sont distribuées en plusieurs classes : Odes et ballades, idyHes, sonnets, élégies, mais je ne m'arrêterai pas à ces distinctions. Je ferai seulement tout de suite la remarque
!■ Himat vteîi)»t( ntuves.
^ Ces vers sont du Dermir chant de ChUd-Uarotii : mais Lamardne, le Lamartine de 1820, avait écrit :
Hors It cullt ftmul, f ingl culles diSïTenls, «le, Dondfly a supprimé le premier hémisliche, ot il faut avouer qu'il semble n'êtro là qne pour la forme, et qu'il n'est nullemeat dans l'esprit du morceau.
Mj/itiea biblion est comme une réponse au titre : EroUca Idblion, d'un livre obscène de Mirabeau. Carmts (carmtna), niDt dn XVI* siècle, pour dira des vers.
que dans tout le recueil il n'y a que quatre pièces qui ne soient pas en alexandrins.
La principale inspiration de ces poésies est l'amour, je veux dire son amour. Il n'a guère fait de vers que pour répandre sa passion devant sa maîtresse, ou pour la savourer lui-même. Je parlerai d'abord du petit nombre de pièces qui sont en debors de ce thème.
Voici un cbaot d'un caractère sévère et triste, mais ou la tristesse a une sérénité qui est rare dans la poésie de Dondey ; elle est aussi d'une forme plus classique : '
Cœurs d'élite et de race.
Qui demandez au sort, Pour charmer votre audace, Une héroïque mort :
Non, la mort la plus belle, Mes frères, u'est point celle Qui de gloire étincelle A.UX pompes des roinbat^.
Lorsque les clairons sbnnent, Que les sabres résonnent Et que les canons tonnent Sur nos fronts, sous dos pas!
La mort est plus auguste.
Plus sainte quand il faut, Pour une cause juste
UoDler snr l'échafaud.
Là d'abord- le courage Est pur, sloTque et sage; L'ivresse du carnage Ne peut plus le ternir.
Puis le sang, comme une ondo.
Baigne, arrose et féconde.
Pour le bonheur du monde.
L'arbre de l'avenir t
Par son calme et sa grâce, Une troisième mort Des deux autres surpassa Le sublime tronspojt.
' C'est le Irépag occulte Qui nous prend sans tumulte Près d'amis dunt le culte Nous console à genoui.
Et dont la voix fidèle.
Parlant d'Âme immortelle, Dans la sphère éteroelle Houi) donne rendez -vous *.
A douze ans, poëoie d'environ trois cents vers (1839), est le développement étddié et amoureux du
i. DoDdey r terit en noie :
■ Cette pièce et Umiirante, sur b demande de feu de Branges, un de mes ctmaradea de la comptabillbS, furent communiquées en 1841 ou 1842, pour être mises en musique, à M. E. Norblln, violoncelliste de l'Opéra. Résultai nul. Le virtuose
charme de la dévotion dans le cœur tout neuf d'un premier communiant. Il s'excuse de ce retour aux illusions de la première adolescence; mais si le son des cloches a ëmu le vieux Faust, comment ces souvenirs, encore si voisins, pourraient-ils ne pas toucher sa jeunesse?
MOD midi n'est-il pas tout près de mon malin?
II avait alors vingt-huit ans. Mais au moment où il essaye de retrouver l'impression de sa piété d'au-
eut l'air d'esuyerpourU prtimi&re, mais, quaDt à la seconde, il la déclara tout d'abord antimusicate. » Vpici celle seconde pièce, iatituléo : Boni conieid :
Émules de Don Juan, seigaenri et cavalien, Dont l'ime ini volaplia uns cemords a'évtiitiu, Du commandauc da mirtite anlaQdei la etalue De son pas large et lourd monter les eicalie».
Voulei-TOai repousser Uiphîito «aju retourî
alorlBei laUuw ol soyei de ta cour; Venei parfois rêver pris de »>n oiatoice. Bt ne preaei jamais le tou blasphémataiie Baieisla Liberté, la Qtnio et l'Amont 1
trefois, son imagÎDalioD s'élaoce plus loin; elle s'envole, au delà de son passé, vers le passé de l'humanité:
Thébaïdes, couvenLs, cléricales retraites,
Sileacieus reclus, pâles anacliorèles,
Hommes et monuments de zèle et de salut,
Chairs et granfls toujours vainqueurs de Beizébut,
Virginales maisons, voûtes contemplatives,
Clos, vallons de moutiers aux chastes perspectives,
lïpouses de l'Agneau, mystères et candeurs,
Sanctuaires de grâce, humilités, grandeurs.
Qui de l'immonde aspect de nos terrestres fanges
Consolez 1o regard do la reine dos anges :
Ah! c'est vous seuls, retraits et cœurs d'élection,
C'est vous Eoulg qui pourriez dans la création,
Avec intelligeDce et sympathie entendre
Le récit simple et grand, humble et fier, grave et tendre.
De ce que je donnai, de ce que je reçus,
En fait de saint amour, au banquet do Jésus!
Cette pureté est maintenant bien loin de lui, et il n'en retrouve plus rien dans son cœur. Il avoue même, et on est surpris par celte chute, que s'il se plaît à développer ces souvenirs, c'est parce que cette piété si tendre n'était que l'essai d'une autre tendresse : en voyant de quelle ardeur il embrassait son dieu, celle qu'il aime aujourd'hui sera touchée et comprendra ce qu'il a en lui de puissance d'aimer.
Tout cela est bien voisin, par l'esprit comme par
le temps, de Volupté de Sainte-Beuve (183/i).'
Il s'abandonne cependant peu à peu à la mémoire des événements et des émoiions de cette sainte journée, et il s'enivre insensiblement de ces pensées jusqu'à se reprocher de S''être laissé gagner depuis à l'esprit d'examen et de doute. Puis, tout à coup, il se reprend :
Jeane homme, en es-tu là?
et il termine par l'acte de foi, non plus de l'enfant, mais de l'homme:
Allons, relève-loi de celle lâcheté; Arrache de ton luth ceti« corde amollie.
Pour ta soif d'idéal et de divinité
N'aa-Ln pas le Grand Tout dans son inGnitéf
Et s'il faut un olympe, un ciel h ta manie.
Il en est un qu'admet l'austère Vérité :
C'est celui des grands dieux nommés Vertu, Génie,
Art, Gloire, Honneur, Amour, Justice et Liberté!
Le cahier se termine par une imitation de la ballade de Ltnore, de Bùrger, qui a été, dit une note, ébauchée en 1820, puis reprise et complétée douze ou quinze ans après; mais cela ne peut se citer par morceaux.
Une Mosaïque, composée de fragments intitulés, « Fragment indien, Fragment égyptien, etc. », est la partie de ces poésies qtù me touche le moins : ce ne sont guère que des études et des reflets. On y remarque un « Fragment cabalistique d'après Cyrano», c'est-à-dire d'après une tirade de ta première scène du Pédant joué*.
La Mosaïque se termine par ce distique sans titre:
Que, trouvant clos pour moi les sentiers des sommets, Je tombe esclave, soit. Officieux, jamais!
Quelquefois, très-rarement, Dondey a pris son thème en dehors de lui, dans l'histoire du présent ou du passé. Les Sonnets contiennent plusieurs mor> ceaux de ce genre, comme celui qui est intitulé : Lamartitie, député des Chambres de Louis-Philippe. Plusieurs se rapportent aux grands souvenirs de la Révolution : celui-là condamne Marat avec dégoût; celui-ci honore les girondins. H y en a deux sur Danton ; j'en vais citer un ;
Danton, quel noini quel bruiti quel retentissement! Il vous emplit le cœur de tocsin, de tonnerre;
si j'orJonDe, li Ja défaoti, c'ul en Deilia î
On pense ouïr gronder un écho du cralère...
Un grand bois néoiéen... quel plein rugUseroentI
Hélas! Tut-il toujours lion? L'affreux moment De septembre, qui vit le lion populaire Se transformer en tigre à force de colère, Ne l'a-t'il pas vu, lui, tigre pareillement?
Doit-on le condamnerî — Ciel! pourrait-on l'absoudre? — K La Patrie en danger » voulait des coups de foudre; Courbez donc un Titan sous le niveau commun! —
Pourtant l'âme du sage, incertaine et troublée, Dans l'bisloire, à côté du colossal tribun,
Voit Némésis trop nue et Thémis trop voilée.
Enfin le !;oiiDet, Les Triumvirs, pourrait être intllulé : « Mon dernier mot h.
Terrible trinité : le maigre Robespierre
lintre le beau Saint-Jusl et l'inrirme CouUion;
Tfois hommes? non, trois sphinx, de fer, d'airain, de pierre,
Dévorant léopards, lions, même Danton!
0 problème! allier à la grandeur austère De vertus qu'envieraient l'un et l'autre Caton Cn fanatisme noir qui fait trembler la terre, lit qu'au fond de l'Érèbe applaudit Alecton I
Sfais ne tolérons pas que de la bourgeoisie
L'hypocrite sagesse informe et sentcncio
Conire ces hauts Nemrods, ces chasseurs de Tarquins.
Cela ne sied qu'aux fila de la démocratie : Arrière donc, arrière, ô bourgeois publicainsl A nous seuls de juger ces grands républicains!
Une Élégie épique célèbre le retour de Sainte- Hélène. L'auteur s'y livre avec la même complaisance que Victor Hugo, ou plutôt que la France elle-même, à cette gloire néfaste, tandis qu'il garde pour Louis-Philippe toutes ses sévérités et ses mépris. C'est à la même date qu'un autre poëie écrivait, sous l'inspiration des mômes sentiments, ces très-beaux vers :
De quoi t'avisai s- tu, loi qui pris pour devise
La paix partout, la paix toujours, De réveiller ce nom, qui, si bas qu'on le dise, Fait frémir les drapeaux et gronder les tambours ? '
i. Ces vers août d'un esprit lios plus disiingués et  peu près incoanu, M. Anioine BouIlLon, né en 1800, mort en 1873. 11 est l'auteur d'un livre snoaymc qui a pour titre : Diaiig le romain. La promesse du Consulat, Paris, H. Fournicr. ISiJT.
C'est un tableau politique et moral de la. Rome de Claude, ïoiu le règne d'Agrjppine, tableau très-soigneusement étudié, trop soigneusement peut-être, avec une curiosité qui finit par fatiguer l'aitention , mais où il y a toujours beaucoup de pénétration et de Rnesae, et, par endroits, une imagination grande et (orte. J'en ai quelquefois cit4 des pages dans mes leçons) mais tant qu'a véf u l'écrivain, il ne m'était pas permis de trahir sou auon;me.
se NOTICE.
Cependant VÈtégie épique est suivie d'aae Élégie héroïque en l'hoDoeur du prince de loinville, qui ramenait les restes de Napoléon. On craignait que les Anglais, qui nous l'avaient rendu, ne se repentissent de leur présent; car il semblait que la guerre fût près d'éclater entre la France et l'Angleterre, au sujet des alTaires d'Orient. La flotte anglaise pouvait arrêter le vaisseau qui rapportait le corps de l'empereur. On disait qu'à cette menace le prince avait déclaré qu'il se Teraît sauter plutôt que de se laisser prendre. Dondey touché chanta le jeune capitaine de vaisseau, tout en continuant d'accabler le roi :
Que partout on oppose, avec rire et colère, Le Qer honneur du fils à la honte du père.
Et plus loin :
Si bleu que je surprends mon coeur républicain
En admiration pour le fils de Tarquin.
Ceux qui voudraient protester contre ce dernier mot peuvent s'en dispenser : le poêle l'a fait luimême. Sous l'Empire, il a mis au bas de son poëme cette note en vers :
Sainte Viergel appeler Tarquin ce bon Philippel Faut-il qu'à cet encèâ la rime s'émancipe? I!i pais que signifie (oh! quel remords plus tard!) L'anathéme aux Tarquins lorsqu'on chante Césarf
Uoe troisième élégie, Élégie artistique, inspirée par iaA'uit de Michel-Ange, est pleioe d'une colère de poëte. La grandeur poétique et artistique de l'Italie du XVI* siècle y est opposée au prosaïsme mesquin de l'époque dont Lamartine disait : La France s'ennuie. Il y avait jadis les chefs-d'œuvre, les tournois, les faits d'armes. Aujourd'hui,
Cbaqae anticlianibre auguste est pleine de bélitreg Rivalisant de croix, de crachais et da titres;
aujourd'hui,
Nombre de bas coquins Uènent entre deux eaux des tournois de requins.
Ce sont à peu près toutes les pièces oti Dondey regarde au dehors: en général, sa poésie n'exprime que lui-même, et lui-même, c'est toujours l'amour, à deux ou trois pièces pr^s, oii l'amour s'eiïai;ant un moment, il ne reste que le sentiment désolant de je oe sais quelle difQculté d'être. Nous l'avons déjà trouvé dans Feu et Flamme et dans la pièce imprimée. Une fièvre de l'époque; nous le retrouvons dans ces deux sannets : *
L'arbre de ma jeunesse a senti de sa furco Au feu des passions les éiéroents tarir;
SoDS la menteuse ampleur de son altière écorce Bien peu de sève encor se meut pour la nourrir.
Vainement l'esprit lutte, en vain l'âme s'efforce De lout reprendre en moi, de tout reconquérir; Mon être, hélast coDtient cet absolu divorce : Une âme qui veut vivre, un corpâqui veut mourir.
Que demande cette âme à ce corps qui décline? N'a-t-elle pas chez lui préparé la ruine? N'a-t-elle pas été son incessant bourreau?
La voilà bientôt veuve et seule, la superbe! Il est certain, selon le moderne proverbe, Que la lame a fini par user le fourreau.