LE BEVERS
Loin, dans la pleine mer, un flot plus amoureux Que les autres — se heurte au vaisseau généreux.
TROIS fiLÉGIES. 2St
n serpente à ses flancs, 11 l'étrelnt, il le baise, Or, c'est un flot qui vient d'une plage française. Le mort l'a reconnu. « Flot fidèle, dit-Il,
• Toi que rend si content la fin de mon exil,
■ Plot qui m'aime, apprends-moi ce que ma délivrance
• A demandé de saug et d'efforts k la France.
• N'est-ce pas, ou triomphe? on a battu l'Anglais
■ Cest mon fils, n'est-ce pas, qui trône en mon palais! > Le Flot, d'un air chagrin, semble baisser sa crête.
Et se vouloir plonger au tond du gouffre. — « Arrête, « Messager de malfaeuri Parle, et ne cèle rien.
• Sais-je donc pas souffrir? Allons, j'éconte. Eh bien? — ■ bajestê — dit le Flot tout bas — le roi de Rome
« Est sous un marbre, & Vienne, endormi du grand somme « Dn d'Orléans, un fils du duc Ëgatlté, « Occnpe votre place — avec peu de fierté.
■ L'Angleterre est debout. Sa gloire est florissante.
• Elle n'est point vaiocue. Elle est toute-puissante.
■ SI vous nous revenez, c'est qu'elle l'a permis.
« Le Français et l'Anglais maintenant sont amis. »
Le mort, mieux que jamais, est glacé dans sa biër». La honte a dévoré sa joie et sa lumière.
■ Qnoll plus de fils! dit-ll. Quoi I plus d'aigle à présentt <i Quoll de l'Anglais aux miens je serais un présent?
■ Qu'est-ce que j'entrevois? Mais, si, par la Tamise, cAu sein de mes États ma rentrée est permise,
■ C'est que j'y dois subir de nouvelles douleurs,
« Des malheurs s'égalant à mes anciens malheurs I « C'est que peut-être, hélas 1 je dois voir la patrie
■ A genoux dans la fange, et déchue, et Qétrie !
• C'est que plein d'étrangers railleurs — son horizon
• Me fera regretter celui de ma prisonl
• Oui, si de Sainte-Hélène Alljion me renvoie,
• C'est qu'un plus sombre écueil est au bout de ma voie.
324 POÉSIES POSTHUUES.
• Seigneur, ne poiiTez-voos m'accorder le bienfait
• D'oublier, d'Ignorer, de mourir toat à faUT... ■