‹ Poésies posthumesChapitre 62 sur 125 · LE BEVERS · texte numérisé non relu

LE BEVERS

Loin, dans la pleine mer, un flot plus amoureux Que les autres — se heurte au vaisseau généreux.

TROIS fiLÉGIES. 2St

n serpente à ses flancs, 11 l'étrelnt, il le baise, Or, c'est un flot qui vient d'une plage française. Le mort l'a reconnu. « Flot fidèle, dit-Il,

• Toi que rend si content la fin de mon exil,

■ Plot qui m'aime, apprends-moi ce que ma délivrance

• A demandé de saug et d'efforts k la France.

• N'est-ce pas, ou triomphe? on a battu l'Anglais

■ Cest mon fils, n'est-ce pas, qui trône en mon palais! > Le Flot, d'un air chagrin, semble baisser sa crête.

Et se vouloir plonger au tond du gouffre. — « Arrête, « Messager de malfaeuri Parle, et ne cèle rien.

• Sais-je donc pas souffrir? Allons, j'éconte. Eh bien? — ■ bajestê — dit le Flot tout bas — le roi de Rome

« Est sous un marbre, & Vienne, endormi du grand somme « Dn d'Orléans, un fils du duc Ëgatlté, « Occnpe votre place — avec peu de fierté.

■ L'Angleterre est debout. Sa gloire est florissante.

• Elle n'est point vaiocue. Elle est toute-puissante.

■ SI vous nous revenez, c'est qu'elle l'a permis.

« Le Français et l'Anglais maintenant sont amis. »

Le mort, mieux que jamais, est glacé dans sa biër». La honte a dévoré sa joie et sa lumière.

■ Qnoll plus de fils! dit-ll. Quoi I plus d'aigle à présentt <i Quoll de l'Anglais aux miens je serais un présent?

■ Qu'est-ce que j'entrevois? Mais, si, par la Tamise, cAu sein de mes États ma rentrée est permise,

■ C'est que j'y dois subir de nouvelles douleurs,

« Des malheurs s'égalant à mes anciens malheurs I « C'est que peut-être, hélas 1 je dois voir la patrie

■ A genoux dans la fange, et déchue, et Qétrie !

• C'est que plein d'étrangers railleurs — son horizon

• Me fera regretter celui de ma prisonl

• Oui, si de Sainte-Hélène Alljion me renvoie,

• C'est qu'un plus sombre écueil est au bout de ma voie.

324 POÉSIES POSTHUUES.

• Seigneur, ne poiiTez-voos m'accorder le bienfait

• D'oublier, d'Ignorer, de mourir toat à faUT... ■

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