MOSAÏQUE. SU
« Du 8&iat Temple — il faudrait bautemeot publier « La lionte du coupable et crier auathème
■ Sur qui parjure ainsi les vœux de son baptëmel /
■ Mais puisqu'heureusement rien ne fut aperçu
« Que du Gel et de voua — laissons dans leur insu ( Les autres assistants, les clercs, même les proches « De l'impie... Espérons qu'aux déchirants reproches
■ Que fait la conscience, Intime justicier,
■ Û n'opposera pas toujours un coeur d'acier. > VatUrons pas sur lui la colère des hommes.
< Il les aime peut^tre... Éalgraes que nous sommes) « Bon nombre d'entre nous, dont l'élan contempteur
■ Duis Tincrédulité trave le Créateur,
■ Sont toute bienveillance envers la créature.
■ Oui, ce contraste est vrai. D'une double nature,
■ Subissant à la foi Tun et l'autre penchant,
■ Tel homme est un athée— et n'est pas un méchant.*
FRAGMENT CABALISTIQUK.
Oui, Forces et Vertus des temps mystagogiques. Toutes je tous rencontre en mes veines magiques, SI Je me reproduis; c'est en Deucallon. Si Je massacre — c'est en néméen Lion. SI le rirg me prend, c'est en franc Démocrite- Si jamais je pleurais, je serais Heraclite. Si je veille, c'est en Argus. — Et si je dora, Cest en Dieu du sommeil. Si je hurle et je mords, Ceat en Cerbère. — Si, d'une aile triomphale.
134 POÉSIES POSTHDHBS.
J'&ttetQS la région de l'air — c'est eo Dédale. SI je reste, c'est en dieu Terme. — Si je prend Le manteau du départ, c'est eu vrai Juif errant. SI J'appelle, c'est en stentor. — Si je regarde, Cest en Basilic. — SI je chante, c'est en Barde. Si Je parle et me tala, c'est en Oracle, en Sphinx. Si je vols, si je lis dans les cœurs — c'est en Lynx. SI j'embaume et reluis, c'est en autel de fête. SI je bénis, si je maudis — c'est en prophète. SI Je contemple, c'est en Fakir lévantlal Si j'ordonne, si Je défends — c'est en Destin l
(O'aprii Cttiho.)
FRAGMENT CHBÉT.IEN.
Ou sein de Réglna, qu! brise on dernier rftie, L'Ame sort — puis s'envole... Or, sur son cheval p&le, Était non loin le roi des Épouvantements... Il la saisit, malgré ses longs gémissements.
Le chevid monte — monte — et son essor avide S'empare avec fureur des saharas du vide; S'aventure à travers des groupes de Babels, Des mers de l'inconnu monstrueux archipels ; Franchit cent tourbillons, cent trombes, cent orages. Cent gorges de chaos où vaguent des mirages; Et partout l'ample deuil d'une profonde nuit — Reflet du cavalier— le précède et le suit.
HOSAIQUB. 335
L'âme, en passant auprès des pudiques Étoiles, Les volt, à son aspect, sooa de funèbres voJles, Se dérober le front ; puis, elle les entend, A leurs chants de bonheur faisant trêve un Instant, Prendre une voix lugubre, amère, consternée. Pour se dire : — « Pleurons 1 car cette tane est damnée I ■
Le cheval monte encor, laissant bien loin, bien bas. Le peuple sidéral sous le vol de ses pas. Il bondit de hauteur eu hauteur — d'orbe en orbe. Dans chacun des élans de sa course — il absorbe On espace qui vaut, tant 11 s'ouvre géant, Nltle fois notre terre avec notre océan.
Sur un soleil éteint, dont fume encor la crête, A la fin le voilà qui se pose — et s'arrête...
BlenI dit le cavalier. Bien. C'est ici le lieu. —Ou sommes-nousT dit l'âme.— Au tribunal de Dieu.—
La pauvre âme, qu'étreint l'Immensité sans borne. Autour de sol prolonge nn regard lent et morne.
Tout en haut, dans Téclat d'un brûlant SInirï, Sous nu dais que le nom dn grand Adon^, Sainteté fulgurante, à son faite décore. Un triangle plus saint, plus fulgurant encore. L'amour du bienheureux, la haine du maudit, S'élève, se déploie, et règne et resplendit. Sept Esprits vêtus d'or, — debout contre les rampes Dn marche-pied divin — veillent comme sept lampes... Et l'Immortalité des grâces de leurs corps Exhale incessamment parfams, rayons, accords...
Bien bas dans l'infini — plus bas que notre Monde — L'orifice d'enfer, dardant sa flamme immonde, Comme un vaincu rongé d'impuissante fureur. Bit d'un rire distoni plein de rage et d'horreur.
Le Prince de rorguell, le Père de la Fraude,
Volumineux serpent sur ses bords glisse et rôde...
Du regard qu'autrefois sa chute lui donna,
Il regarde, il couTOlte, il couve Réglna;
Et, la considérant comme sa juste proie.
Semble en jouir d'avance, et sifQe— afffeuxdejoie.
Entre la région du pourpris éclatant, Et le point ténébreux où l'àme en peine attend, Ua archange surgit, pftle — et dresse en silence. De r£quité de Dieu la terrible Balance. Dans le plateau sénestre, il met le poids fatal De tout ce qu'ici-bas Régina ât de mal. Il pose dans le dexire, avec un soupir sombre. Ce qu'elle 6tde bien... poids léger comme uneombre. Aussi, voit-on céder, sous le plus faible effort. Le plateau de la vie au plateau de la mort.
— a Puisque mon Équité, dit le Triangle austère,
■ Éprouve, eu la pesant, cette âme trop légère, « Oue du Livre de vie on retranche son nom,
• Et qu'elle soit jetée au gouffre du Dragon 1 » —
Et déjà sombrement l'archange ouvrait le Livre; Et le nom sous sa plume allait cesser de vivre; Quand, du fond de l'Éther, une voix de douleur. Tout à coup s'éleva.
— n Seigneurl Seigneurl Seigneurt u Laissez, laissez monter Jusqu'en votre lumière H D'Octobrin votre enfant la plaintive prière. < Grâce pour la damnée 1 0 vous, Marie, è vous, « Mère des afQigésI de vos pleurs aidez-iïous.
■ Gracel j'olfre mon sang. Victime expiatoire,
• Je ferai, s'il le faut, mille ans de purgatolrel u — Alors du Paradis sourirent les clartés;
Et le triangle dit à l'Archange : — Arrêtez! —
MOSAIQtJE. UI
Et l'on vit doacemeat la prière du Juste S'élever jusqu'auprès de ta Balance auguste ; Pula, de l'Archange, ému, baisant le bleu manteau. Fouler à deux genoux le funeste plateau... Tout soudain, la Balance est mise en équilibre Et Dieu dit :
— «Nous cbangeons notre arrêt. L'&me est libre, • Elle va retourner au niitieu des mortels.
■ Il lui sera facile, à l'ombre des autels,
■ D'épurer sa nature en contemplant le Père, « Le Fils et l'Esprit- Sain t. Notre Marie espère « Que te bien d'un seul coup enlèvera te mal,
» Quand nous la reverrons devant ce tribunal. > —
Dans le Ciel, à ces mots, les Élus applaudissent, Tandis que, dans l'Enfer, les réprouvés maudissent... Et l'heureuse Prière, ange aux blancs vêtements. Va prendre aux mains du roi des Épouvantements L'fkme qu'elle dérobe à la mort éternelle; Se platt à t'otombrer de l'amour de son aile; Lui répète à l'oreille, en sons mélodieux, Le charme de l'arrêt miséricordieux; L'emporte aux réglons de rêve et de mystère Par où de l'Empirée on descend à la Terre, Et lui cache l'aspect des monstres surhumains. Des chaos, des Babels qui sèment les chemios. Cette fois, plus de deuil, plus de frissons funèbresl Plus de spectre farouche enfantant les ténèbresl Notre btadche Prière, en son vol plein d'ardeur> Partout mène avec elle un cercle de splendeur.
Aimables cette fois, les pudiques Étoiles N'ensevelissent plus leur beauté sous des voiles. Sur un mode imprégné de grâce et de douceur. Elles chantent ces mets : — « Régina, chère sœur)
338 POÉSIES POSTHDUES.
« Gloire au Juge étemel! Bénissons la sentence « De la miséricorde... Adieu. Fais pénitence. » —
(À l'sicaption de* qnatr* pramisn Tsn, ca morceiii a été im ■Tac moncDDie l'abbi di Saint-Or, iont il fait partia, aBraulllet JouiDil l'Ella fcllt, an oclobra 1839. )