LES RHAPSODIES DU VIDAUE
Qa'a pUle un bonheur effaçant toute ffite; Quand ta main, séparant le flot de mes cheveux, ï plonge, et me remplit d'un bien-être nerveux ; Quand, les yeus demi-clos, comme un enfant qu'on bercfl* Je BOQrla aux parfums que la beauté jne verse ; Lorsque ta voix m'effleure, et que de ses accents Le charme éolien coule dans tous mes sens; Lorsqu'en rave pensant l'ouïr et te répondre, Hon éire vaguement dans le tien veut se fondro; Quand tout ce qui rayonne et s'exhale de toi. Ainsi qu'une atmosphère, ondule autour de mol, Et que, mystère saint — mon cœur qui s'en pénètre He paraît tout eusemble et mourir et renaître; Quand, de ton pur esprit, feu d'astre, éther serein. Une suprême ardeur, un calme souverain, Descendant h la fois sur mon Ame — l'imprëgueut De leur hymen étrange où mes langueurs se baignent; — Alors, ft mon amour, alors Je me repais De souvenir, d'oubli — d'enivrement, de pais; Je trouve, en une seule, en une même extase; Ce qui me rafraîchit avec ce qui m'embrase; Alors, 6 mon étoile, alors, mon firmament. Je crois tenir, avoir, — J'ai bien réellement — Cette c£ose idéale aux dieux seuls dévolue, Le repos infini dans la vie absoluel...
Eh! oui, jaloux. Je suis trës-Jaloux. Cest flagrant Et ce sentiment-là n'est pas réputé grand, Je le sais trop. Chez moi pourtant 11 ne résulte Que d'un feu grand et noble, et d'un immense culte. Comment, mon Dieul Conmient ne pas être jaloux
SM POËSISS POSTHOUES.
D'une am&Dte aussi belle I ... oh ! Je jure à genoux Que je ne me saurais repentir de ce crime. Me pardonner sera d'autant plus magnanime.
Ciell comment supporter, tolérer froidement Qu'un œil d'ange, oti m'a lui le céleste moment. Qu'une bouche adorée. Ineffable calice, Où des baisers du cœur j'ai bu le saint délice. Parfois Jette nn sourire h quelqu'lndifférentl... Sourire banal — soit; mais encore enivrant...
Ainsi, Je t'ai juré que mon philosophisme
He pousserait Jamais Jusques k l'athéisme;
Et que le songe d'or de l'immortalité
Jamais par ma raison ne serait molesté.
Biais Je le vois : tu n'es qu'à demi-satisfaite.
Cette promesse-là, tu crois que je l'ai faite
Rien que pour t'agréer... comme on émet souvent
Une parole en l'air pour flatter un enfant,
Uol, si peu coutumier Be parole légère,
J'en usends pour toi, sur un tel point} Non, chère.
Ce que Je t'ai promis, très-fort sera tenu.
Un vœu de toi 1 D'ailleurs, troublé de l'Inconnu,
Dès longtemps de ma fol cegrand principe est mattre,
Qu'une âme Immense emplit l'infinité de l'être ;
Que tout pense — tout corps, toute forme, tout lieu;
Que Dieu renferme tout, que tout renferme Dieu.
Vois-tu, je suis de ceux qui ne peuvent pas croire
Que la pensée — un bien qui prime et passe en gloir
Les beautés, les splendeurs, les miracles divers
Que parait contenir le visible univers —
Habite seulement dans la machine humaine.
Et D'alt pas l'infini, l'absolu ponr domaine.