‹ Poésies posthumesChapitre 75 sur 125 · LES RHAPSODIES DU VIDAME. S · texte numérisé non relu

LES RHAPSODIES DU VIDAME. S

Je ne saurais par suite admettre que l'amour, Plus grand que la pensée, et versant plus de jour. Ne soit qu'un accident, organique étincelle-. Et ne gouverne pas la vie universelle.

Or, si l'univers pense — et s'il aime surtout — Voilà Dieu constaté : l'athéisme est & bout; i Donc, à tes pieds divins, reine — l'amour acb&ve De prouver i. mon cœur que Dieu n'est pas un rfive.

Je suis Jaloux de toi (n'entre pas en pitié!)

Non-senlement d'amour; mais même d'amitié.

Est-ce que tu pourrais, toi— sans souffrir dans l'âme—

Ue voir l'ami — le simple ami d'une autre femmeT

Mol, je ne te verrais qu'avec rage et tourment.

Pour un autre homme ~- un calme et neutre sentiment.

Déjà, déjà j'endure un mal inexprimable,

Quand, pour un autre, Il sied que l'on te vole aimable..:

Ah! c'est que tout de toi m'est si délicieux,

— Je ne dis pas ton saint amour, joyau des clenx —

Hais ta noble amitié, ta beauté familière.

Ton charme, ton accueil, ta grâce singulière;

Cest que je couve tant ce trésor célestln.

Que si tu semblés près d'Ater & mon festin.

Au profit d'un passant la plus chétlva miette,

11 fait noir tout à coup dans mon ftme Inquiète-

Tiens, je Voudrais avoir sur toi, chère twauté, Sur ton sort, sur t» vie et sur ta liberté.

SSS POÉSIES POSTBDMES.

Tons les droits sociaux dont l'Europe et l'Asie Ont Armé des maris l'immonde jalousie I Je voudrais les avoir tous — pour m'en dépouiller, Pour les bonnlr — pour les Bétrir — pour les souiller, Pour donner & mon ctsur cette joie laQnle De mettre sous tes pieds leur l&cbeté punlel... Oui, je voudrais me voir prince mahomëtan Pour livrer aux valets mon harem de sultan... Ou plutùt pour laisser la grandeur de ton ftme Faire un sort de chrétienne & chaque paovre femme ; Et pour scandaliser et mon peuple et ma cour, Par un schisme InouT : l'unité dans l'amourt

Or ça, ne t'al-je pas un peu persuadée?

Vas-tu toujours autant, cette vilaine Idée,

Que l'absence m'ébranle, et pourrait bien — sinon

Changer mon cœur — du moins rendre mon sang félon ;

Qu'aux veines de tout homme Ëros est invincible;

Que la fidélité des sens — est impossible

A tout Jeune amant plein de flamme et de vigueur.

Quand d'une longue absence 11 subit la rigueur?

Les hommes — dlsals-tu — même pris d'amour tendre,

Sont fougueux, violents, ne savent pas attendre.

Leur sang fauve, hanté de sauvages désirs.

Les subjugue, et les pousse à d'aveugles plaisirs.

— C'est ton arrêt.— Pourtant, vols donc parmi les prêtres :

n s'en trouve qui sont de leur chair assez maîtres

Pour n'enfreindre jamais, malgré leurs sombres feux,

Le plus terrifiant des monastiques vœux.

Ha seule aimée, on est si fort contre sol-même,

Lorsque d'une fol sainte on a l'arme suprême 1

Ns me connals-tu pas une religion

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