SCÈNE III
DON RINALDO, piu oo idoik. «cU; ORCO, DON
BRENNDS, k*btt d* -nnnat naît nhanut d^r. Duaum
son BRBNnUB, du lend.
M^ordome, es-tu làT
Me voici, seigneur comte.
non SREHNCS.
SeulT
ORCO
Oui, seul.
DON BBESNUS, lont à tait sB nAm.
Hoqne-toi de ma faiblesse. — Dn conte Absurde, que je viens d'ouïr dans le devis Des arbalétriers die garde au pont-levis. Me bourdonne au cerveau comme une allé d'orfraie; Si bien que moi, Brennus, aujourd'hui je m'effraie De l'aspM^ de ces murs, dont, jusqu'& ce moment.
HIRANDA. 313
J'avais touché le seuil sans épouvantement. Mort-Dleul...
ORCO-
Qu'est-ce qu'ils vous contaient ces valets d'armeet
DOn BRENNDS.
Ne m' affirmaient-ils pas — blêmes encor d'alarmes — Avoir vu tout & l'heure ua revenant passer Le pont-levis, Tranchlr la grand'porte, glisser Devant eux, arpenter la cour, gravir les marches Du perron — puis, enfin, se perdre sous les arches Du vestibule?... .
Allousl quelqu'errante vapeur Qu'ils ont vue h travers te sommeil et la peur,
DON BREHRVS.
Les fous dans ce fantôme avaient cru reconnaître...
ORCO
Qui donc 7 ,
DOK BREHNCS.
Lui... notre mort.
ORCO
Quoit mou vénéré maitref
DON BRENMJS.
Cbimère, illusion, n'est-ce pas?
ORCO
Je le croîs.
— Pourtant, les trépassés reviennent quelquefois, Messlrel
non BRENDCS.
La raison des savants le conteste.
OBCO.
Mais la dévotion des croyants purs l'atteste.
DOH BREH^U3.
Chez le peuple. A la cour, on en rit.
314 POÉSIES POSTHDHES,
Onco.
Vos railleurs SoDt dans l'occasion bien crédules. — D'ailleurs, Qu'Importe que ce soit vérit&blemeut l'ombre Du marquis? qu'avons-nous à redouter de sombre De sa part? Vous et moi le pleurons saintement. Il ne peut qu'être bon pour^nous.
non BBEHUUS, ■•« Hrpoerltie.
Certainement.
Oui I dans son purgatoire — ou sa béatitude — Il doit être envers nous plein de mansuétude.
DOn RlnALDO, t |i*rt.
Judas I
non BREHHUS,
Quoi qu'il en soit, cher Orco, j'ai souci De t'avoir assigné celte entrevue ici.
Nous aurions mémement, dans ce parc solitaire. Trouvé discrétion, sécurité, mystère...
onco.
Au parc, nous aboucher de nuit? Les curieux En auraient pu gloser. Tandis que, pour ces lieux, Rien de tel. On croira — si l'ou nous sait ensemble. Que le soin d'honorer le mort seul nous rassemble; Que nous nous concertons pour punir le forfait.
non BRENHUS.
C'est celai Bien jugé! Gloire à ton sens parfait 1 Dieu t'a versé les dons de l'âme avec largesse : A tant de probité joindre tant de sagesse I Unir tant de prudence à tant de bonne foil Atil quel ange gardien qu'un ami tel que toii Certe, elle n'était pas, ton amitié prospère. Le moindre des bonheurs de feu mon noble frère I — Laisse-moi répéter combien je fais état De ce que ton mérite a de force et d'éclat.
HIRANDA. 315
Cette admiration que ma Justice éprouve, Ed ce moment — plus que jamais — Je te la prouve : Ma présente démarche, à ta haute vertu, Ne rend pas témoignage à demi; — qu'en dia-tii T D^&, depuis longtemps, ce que tu vaux m'exhorte A t'ouvrlr mes secrets. Un homme de ta sorte, A Torgueil de ma vie est fait pour s'allier, Comme au glaive harfli le prudent bouclier. — Vrai Dieu I tu ne vas pas apprendre sans surprise Dans quelle passion et dans quelle entreprise Je suis aventuré. —Tiens, lis ce parchemin. Tout est là.
ORCO, n aignlM l« ptrcbeniia k la clint dn lamlulr*.
Le grand scel du collège romidn I Dne lettre du paj^l...
non brenucs.
Oui, de notre saint-père.
A ce que J'entreprends sa bonté coopère.
ORCO, *prè9 arolr la.
Rome ici TOUS permet d'être le successeur
Du défunt — comme époux de votre belle-sœurT
DOn BRBMIinS, a'ao an calma alMiit*.
Tu vols.
de DanTaaa la braf da papa.
OON ninALDO, i part, tcindaUaJ.
Home est sa dupe, et l'aide en ses pratiques? Auralent-lls donc raison les docteurs hérétiques. Les hautains gallicans, qui de Sa Sainteté Ne reconnaissent pas l'Infaillibilité 7
non BRBnnUS, nnptn iDipilal.
Cher Orco, ton silence avec raison déclare, Poilr un rare sujet, un étonnement rare. En eSfet, de ceci rien n'était à prévoir.
,<tta POÉSIES POSTHUMES.
Remets-toi cependant. J'ai hAte de savoir
Ce que te dit mon bref; comment tu l'envisages.
ORCO, ITee InMiitian.
Hais il ne me suggère aucuns mauvais présages...
Et s'il faut là-dessus, très-glorieux seigneur.
Vous parler du plus rranc, du mellleurde mon cœur.
Je dirai, J'avouerai que ma plus hante envie
Est de voir la marquise à ce tombeau ravie.
Et de la contempler retrouvant un époux
De sa félicité roi superbe et jaloux 1
non RIHALDO, 1 pnn.
Noble amlt
BOB BRBNnnS. (ont ch«nn*.
Brave ami!... — Cette ouverture franche Mérite qu'en retour sans réserve j'^pancJie Mes agitations dans ton sein. — Qui l'eût dit Que l'amoir lancerait son superbe interdit Sur mottprojet récent d'entrer dans tes saints ordres ! Après avoir, hélas! par de nombreux désordres. Au feu des voluptés payé large tribut, Ne pouvoir tendre enAn vers un céleste buti Ahl J'ai les sens encor trop fougueux et trop jeunes. L'amour, vols-tu, se rit des oraisons, des jeûnes. Pour le fuir, il n'est point d'abîmes — de sommets... L'amour est un tyran qui n'abdique jamais!
ORCO
Donc, cette passion, seigneur! ne vous habite Que depuis peu?
DON BREHtms.
Depuis qu'étrange cénobite, La dona s'est vouée & ce lugubre autel. ( Démence I faire un Dieu de t'ombre d'un mortel!) Quand vivait son mari, mon frère... (que personne D'avoir contrairement senti ne me soupçonne! )
HIRANDA. 317
Dersot elle, mon cœur, mon sang, respectnenx, Ne se départaient pas d'an calme rertueax. Je la considérais comme une Notre-Dame A fêter senlement de tout ce qu'on a d'&me, Et près de qui jamais téméraire désir.
Jamais tentation ne me pouvait saisir.
Mais, lorsq n'exagérant les douleurs sépulcrales, Teuve, elle déploya ces pompes théâtrales, Et par ce paganisme, en elle si nouveau. Se trouva descendue au terrestre niveau, Je ne pus me garder d'une terrestre flamme... Tout entier, je brûlai pour sa beauté de femme 1
ORCO, sTM m* tauM UMMnM.
Tons dites vrai : ce culte est p^en.
DON BaEftaUS, trtiHiihrd.
C'est rlsqner Grandement son salut que de le pratiquer! Car, en lui, c'est la chair — non l'esprit — qu'on adore; Telle est l'opinion du père Héliodore.
Le digne confesseur de MIranda...
DON niHALDO, 1 put, prwqoa ToUs[rl*a.
Comment I Dn pape au dernier clerc, n'est-ce qu'aveuglement I
non BREnnus.
D'après cela finir son veuvage précoce, L'entraîner aux tiens d'une seconde noce, C'est autant la sauver que faire mon bonheur! — J'ai raison, n'est-ce pasT
ORCO
Vous parlez d'or, selgnrar.
DOH fiRENHDS, roU «oiUtl.
Je la ramène à bien I je l'arrache & sa perte I
non KINÀLDO, 4 ptrt.
Oh I ton hypocrisie est une juive experte.