CE QU'IL FAUT TAIRE. Î
Enfin cet éventail de Chine , Êmaillé de mainte couleur, Sur votre bouche purpurine Représenterait, j'imagine, Un papillon sur une fleur.
Mais je redoute une escarmouche; Car , sur le tapis du salon , Je vois un petit pied farouche Piétiner dans cette babouche , Que jalouserait Cendrillon.
Épargnez-moi , je vous en prie.
Vous voyez que je ne dis rien , Rien même du nom de Marie, Qui n'est pas une flatterie ; Cœur pieux , il vous va si bien !
Et c'est tout cela qu'il faut taire Si Ton craint de vous offenser?
Eh bien ! nous en ferons mystère ; Soumis à votre joug austère , Nous nous tairons... pour y penser.
Non ! la vérité me tourmente ,
Dût-elle vous mettre en courroux.
Dans mes vers il n'est rien qui mente ;
En trois mots : — a Vous êtes charmante ! »
Et si vous l'osez , fâchez -vous!
LA