‹ Poésies (volume 2)Chapitre 99 sur 208 · A MADAME MARIE C · texte numérisé non relu

A MADAME MARIE C

Vous m'avez (Jit : — « Point de paresse ! « Des vers ! le sujet m'est égal , « Pourvu qu'ils portent mou adresse < Et me parlent de moi sans cesse ; « Mais surtout point de madrigal ! »

Telle était bien votre pensée?

On pourrait contester d'abord Le droit qu'une dame encensée À de se trouver offensée ; Mais passons, pour rester d'accord.

Ainsi je ne devrai pas dire Qu'à peine vient-on à vous voir , De vos yeux , de votre sourire , Le charme imprévu nous attire Comme l'alouette au hiiroir?

Je dirai moins encor sans doute Qu'à votre esprit piquant et fin Un langage attrayant s'ajoute , Si bien que , lorsqu'on vous écoute , Votre pendule sonne en vain.

Ah ! si je n'avais peur d'un blâme ! , (Car vous usez de vos pouvoirs) , Je dirais ces éclairs de l'âme Qui s'allument, rapide flamme, Dans vos yeux , ces diamants noirs.

Je dirais que votre coiffure , Imitant les replis de l'eau , Fait penser à la chevelure Qui s'enlace ondoyante et pure Au front du marbre de Milo.

Ce chapelet aux grains de nacre

Enfermé dans un rouge étui ,

El qui vous vient de Saint- Jean-d'Acre ,

Serait un charmant simulacre

De vos dents blanches comme lui.

De ce bijou que l'Italie A ciselé dans le corail, La courbe élégante et polie Peindrait cette lèvre jolie Qui sourit sous votre éventail.

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