A MADAME MARIE C
Vous m'avez (Jit : — « Point de paresse ! « Des vers ! le sujet m'est égal , « Pourvu qu'ils portent mou adresse < Et me parlent de moi sans cesse ; « Mais surtout point de madrigal ! »
Telle était bien votre pensée?
On pourrait contester d'abord Le droit qu'une dame encensée À de se trouver offensée ; Mais passons, pour rester d'accord.
Ainsi je ne devrai pas dire Qu'à peine vient-on à vous voir , De vos yeux , de votre sourire , Le charme imprévu nous attire Comme l'alouette au hiiroir?
Je dirai moins encor sans doute Qu'à votre esprit piquant et fin Un langage attrayant s'ajoute , Si bien que , lorsqu'on vous écoute , Votre pendule sonne en vain.
Ah ! si je n'avais peur d'un blâme ! , (Car vous usez de vos pouvoirs) , Je dirais ces éclairs de l'âme Qui s'allument, rapide flamme, Dans vos yeux , ces diamants noirs.
Je dirais que votre coiffure , Imitant les replis de l'eau , Fait penser à la chevelure Qui s'enlace ondoyante et pure Au front du marbre de Milo.
Ce chapelet aux grains de nacre
Enfermé dans un rouge étui ,
El qui vous vient de Saint- Jean-d'Acre ,
Serait un charmant simulacre
De vos dents blanches comme lui.
De ce bijou que l'Italie A ciselé dans le corail, La courbe élégante et polie Peindrait cette lèvre jolie Qui sourit sous votre éventail.