‹ Poésies (volume 2)Chapitre 103 sur 208 · PENSEE DE NUIT · texte numérisé non relu

PENSEE DE NUIT

Voici l'heure silencieuse , Dans l'ombre le inonde s'est tu.

0 nuit! quels dons amènes- tu A mon âme triste et rêveuse?

Le sol desséché par le jour Boit ta fraîcheur tiède et charmante ; Pour la flamme qui me tourmente N'as -tu pas un baume d'amour!

0 nuit ! quand l'absence m'enlève Ma bien-aimée avec mon cœur , Au moins, à défaut du bonheur, Ne peux-tu m'en donner le rêve?

Porte , sur l'aile du sommeil , Mes songes vers la jeune fille , Dévoile-moi son œil qui brille , Son visage frais et vermeil.

Je veux m'incliner sur sa couche , Dans l'ombre deviner ses traits ; Je veux épier les secrets Qui passent sans bruit sur sa bouche.

Son cœur sans remords et sans fiel Ne peut voiler ou haine ou blâme ; Elle est pure comme la flamme , Elle est belle comme un beau ciel.

Car toujours l'ange de lumière Qu'elle prie et (Jui là conduit, Lui fait son repos de la huit Aussi chaste que sa jpdère.

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