TROUVEE MORTE DANS UNE CHAMBRE A LA CAMPAGNE
Hirondelle , qu'on trouva morte Dès les premiers jours du printemps, Dans cette chambre dont la porte Fut close pendant si longtemps ,
Comment demeuras-tu captive , Lorsque après le dernier été , Vers la tiédeur d'une autre rive Tes sœurs volaient en liberté?
Pauvre oiseau , tu cherchais peut-être Si quelqu'un de tes chers petits , Moins que les autres prompts à naître Oubliait ses frères partis.
Peut-être , en ta course effarée , Tu fuyais jusque sous ce toit* Quelque chasseur de la contrée Au plomb plus rapide que toi.
Tandis qu'évitant la blessure , Ton vol se doublait de ta peur , La mort inévitable et sûre T'attendait sous l'abri trompeur.
La fenêtre fut refermée f Le maître quitta son logis.
Pour toi , prisonnière emplumée , Plus de cieux par l'aube rougis ;
Plus de ces longs cris d'allégresse Qui saluaient les jours naissante; Plus de ces nids que la tendresse Venait repeupler tous les ans 1
Adieu les étangs où ta (Hume Ridait le bleu miroir du ciel , Où tu recueillais sur l'écume Des moucherons gorgés de miel.
Adieu les courses circulaires Sur les murailles du manoir , Autour des donjons séculaires Rougis par le soleil du soir.
Quand tes compagnes fugitives , Vers le sud prêtes à voler , Redoublant leurs clameurs plaintives, Sur les toits vinrent t'appeler ,