‹ Poésies (volume 2)Chapitre 106 sur 208 · SUR UNE HIRONDELLE · texte numérisé non relu

SUR UNE HIRONDELLE

En vain tu frappas de la tète Les coins obscurs de ton cachot ; En vain, tu cherchas inquiète, Le soleil absent de là-haut.

Essayant la fuite impossible , Le front à la vitre heurté , Tu maudis ce mur invisible Où se brisait ta liberté.

Enfin, haletante, éperdue , Victime d'un suprême effort , Tu tombas à terre , étendue , En exhalant un cri de mort.

Repose en paix, pauvre hirondelle, On a placé ton corps léger Entre des rameaux , où ton aile Semble encor prête à voltiger.

S'il est vrai que Fâme revienne Vers le corps d'où la vie a fui , Dans la demeure aérienne Elle pourra planer sur lui ;

Et si , vers le soir, quelque branche S'agite au murmure du vent, .Nous croirons voir ton âme blanche Errer sur le tombeau mouvant,

Limeil, 28 juin 1847.

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