SUR UNE HIRONDELLE
En vain tu frappas de la tète Les coins obscurs de ton cachot ; En vain, tu cherchas inquiète, Le soleil absent de là-haut.
Essayant la fuite impossible , Le front à la vitre heurté , Tu maudis ce mur invisible Où se brisait ta liberté.
Enfin, haletante, éperdue , Victime d'un suprême effort , Tu tombas à terre , étendue , En exhalant un cri de mort.
Repose en paix, pauvre hirondelle, On a placé ton corps léger Entre des rameaux , où ton aile Semble encor prête à voltiger.
S'il est vrai que Fâme revienne Vers le corps d'où la vie a fui , Dans la demeure aérienne Elle pourra planer sur lui ;
Et si , vers le soir, quelque branche S'agite au murmure du vent, .Nous croirons voir ton âme blanche Errer sur le tombeau mouvant,
Limeil, 28 juin 1847.