A JULES BAUDOT
.....Subita incautum dementia cepit amantem, Iœmemor, heul victusque airimi reapexit...
Au couchant qui se décolore Un dernier rayon luit encore Et découpe en noir le coteau. La nuit monte sur les collines ; Un vieux berger , dans des ruines , Rassemble en sifflant son troupeau.
Qui passe là-bas , dans la brume , A travers le brouillard qui fume, Sur la route qui mène au bois?
C'est un fils du prochain village , Répétant , sur un air sauvage , Un chant d'amour à pleine voix.
— « Où vas-tu, beau chanteur? Écoute ! L'ombre est mauvaise pour la route ,
Dit au jeune homme le berger.
Crois-en ma vieille expérience; A travers la ^forêt immense , Si tard ne va pas rengager. »
— « A qui va voir sa bien-aimée Aucune route n'est fermée, Répond le jeune homme au berger.
Voilà mon bâton de voyage ; Je suis aimé , j'ai bon courage , Et je n'ai pas {)eur dû danger. »
r- «.lUPTOfent! &.oojtf%Â ta perte !
La forêt, dans le jour si verte, Est pleine de lutins la nuit.
Le Sylphe blanc , la Goule brune Y vont danser, au clair de luné, Avec le Follet qui reluit.
« Sur l'homme le démon s'y venge; Je sais plus d'un récit frange De maints voyageurs inconnus Qu'on a trouvés morts sur la place, Et d'autres,. partis pleins d'audace , Qui ne sont jamais revenus.
« Tu pars en haussant les épaules !.„
Crains l'endroit où , sous les vieux saules,
La rout*» se partage en trois.
hhA .sans regarder, en arrière, , '
Passe ep. répétant ta prière ,
Et fais le signe de la croix ! »