‹ Poésies (volume 2)Chapitre 110 sur 208 · LA RONDE DES FÉES · texte numérisé non relu

LA RONDE DES FÉES

Lai , frappé d'une folle ivresse, Fait un pas vers l'enchanteresse.

Elle glisse sur le chemin f Et plus prompte que la pensée , Sa main , comme un serpent glacée , Du villageois saisit la main.

Alors sortent , d'entre les saules , Des Willis aux blanches épaules , Des nains hideux aux pieds velus; Alors par-dessus les ramures, Des géants aux sombres armures Élèvent leurs fronts chevelus.

Sur la rive et le long des îles, Des myriades de reptiles Roulent leurs replis menaçants; Des poissons inconnus dans Ponde Dardent , de leur prunelle ronde , De longs regards phosphorescents.

Et tout à coup, sans bruit, commence Une ronde rapide, immense , Où le jeune homme est entraîné.

Séduit par un amour étrange , Il avait renié son ange, Et Dieu l'avait abandonné.

Vainement l'effroi le terrasse; Vainement il demande grâce , Emporté par des bras de fer

A travers te ronde éternelle Qui tourne , enlaçant avec elle Les mille démons de l'enfer,

Ses yeux se couvrent de ténèbres; Mais des ricanements funèbres Le contraignent de les rouvrir, Et toujours cette même femme Lui sourit de son œil infâme , De sa main le force à courir.

Jusqu'au moment où le coq chante , Il suivit la horde méchante , Roulant dans cet orbe insensé.

De grand matin les lavandières, Traversant le, bois les premières, Découvrirent son corps glacé.

Un gran<J cercle d'frerl?e fanée Dessinait la place damnée , Où les démons maudits de Dieu Avaient dansé la nuit dernière ; Et , mort ftulte d'une prière ; Il était gisant au milieu.

CAMELIA

A MARIE DÉSIRÉE

Pour vous voir, souriante au milieu de la fête, En dépit des jaloux , attirer tous les yeux , Que je voudrais pouvoir couronner votre tête De ce que l'univers a de plus précieux !

Je n'ai que cette fleur aux pétales de soie ; Mais vous l'accueillerez avec un doux souris , Parce que vous savez combien j'aurais de joie Si la main qui vous l'offre y donnait quelque prix.

Et vous serez charmante , ô ma seule adorée! Rien qu'avec cette fleur parmi vos longs cheveux ; Car vous êtes de grâce et de candeur parée, Mieux qu'une autre d'atours et d'ornements pompeux.

Du monde indifférent qu'importe un vain hommage? Dieu , qui vous fit pour plaire et moi pour vous chérir ,

N'a-t-il pas mis en vous , noble et divin partage , (le que l'argent et l'or ne peuvent acquérir?

N'a-t-il pas mis en vous une âme pure et belle,. Qui sourit dans ces yeux qu'avec bonheur je vois , Qui chaque jour vous donne une grâce nouvelle , Qui me trouble et m'enchante au son de votre voix?

N'a-t-il pas mis en vous, comme un pouvoir suprême , (le je ne sais quel charme irrésistible et doux , (let invincible attrait qui fait que je vous aime, Kt n'en puis désormais aimer d'autre que vous?

Allez ! qu'avec gaîté le temps pour vous s'écoule ! Et songez quelquefois , au fond de votre cœur, A celui qui vous voit du milieu de la foule, Et dont tout le bonheur est dans votre bonheur.

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